Les menottes et le radiateur – Alexandra Lapierre

Les-menottes-et-le-radiateur.jpgC’est curieux comme certains livres peuvent vous tomber entre les mains… Comme le rendez-vous mensuel de ma Stéphie approchait à grands pas, il me fallait une lecture « inavouable », et suite à mon réjouissant passion intense du mois dernier, j’étais bien décidée à ne pas changer de type de lecture. (Obsédée, moi..? …jamais…)

Direction la librairie donc, et là, une première question se pose (qu’on ne pose bien évidemment pas au libraire) : où donc se cache le rayon porno érotique ? Et là, il devient difficile de passer inaperçue… En règle générale, il n’y a pas 36 solutions, les livres à ne pas mettre entre toutes les mains se trouvent soit tout en haut sur une étagère quasi inaccessible, soit à ras du sol près du rayon psycho du couple. Je me suis donc retrouvée à quatre pattes dans la librairie et je suis tombée sur ça : des talons aiguilles vertigineux rouges, des menottes… J’ai embarqué le dit bouquin fort alléchée !

 

La quasi totalité de ce petit roman est composée de lettres qu’écrit une certaine Suzie à une certaine Valentine. Suzie, notre héroïne donc, est une française expatriée à Rome, son amie Valentine vient de quitter la ville il y a peu pour se réinstaller à Nancy. Les deux femmes sont visiblement très proches et Suzie raconte dans ses lettres sa passion pour celui qu’elle appelle l’Anglais, un homme avec qui elle entretient une relation depuis plus de deux ans, l’homme parfait à tous points de vue mais dont elle ne sait finalement pas grand chose. A son grand désespoir, Suzie n’a pas l’impression de maîtriser grand chose. L’Anglais n’est pas bavard, d’ailleurs elle le surnomme « Cold Fish », mais il agit, et plutôt bien, et choisit avec soin les hôtels dans lesquels ils se retrouvent pour la nuit. « Au lit, nous sommes tous deux ludiques, lubriques, et très techniques… Tu prendrais nos ébats pour la quintessence du jeu amoureux. Pourtant nos libertinages restent de surface. La licence est sans surprise, une convention qui n’entame rien, pas même la peau. Nous ne prenons aucun risque, et n’osons pas grand-chose. Toujours under control, nous demeurons à la lisière de la séduction et de la possession. » Bref, il lui manque un petit quelque chose à Suzie, et pourtant, elle en est dingue de son Anglais ! Du coup, Suzie se la joue insaisissable, espace les rendez-vous et entre temps se rend à des dîners de célibataires (bien fait pour l’Anglais !).

C’est au cours d’un de ces dîners que la conversation s’oriente sur la passion, chacun devant raconter ce qu’il a fait de plus fou par amour. Un homme commence à raconter son histoire, une histoire d’amour fou où il est question de menottes… et d’un radiateur. L’assemblée est à fois gênée, choquée et fascinée, Suzie elle est suspendue aux lèvres de celui qu’elle appelle l’Aventurier alors qu’elle essaye désespérément de se débarrasser du Divorcé Excité, son voisin de droite un peu collant (elle aime bien les surnoms Suzie).

Quand elle revoit l’Anglais après l’avoir bien fait mariner trois semaines, Suzie le chauffe un peu plus en lui racontant l’histoire des menottes, pour finir par le laisser seul la nuit. L’Anglais a l’air furieux mais ne dit rien… Le soir même, Suzie reçoit un appel d’un homme qu’elle prend pour Giovanni, le Divorcé Excité avec qui elle accepte de dîner 15 jours plus tard, il n’arrêtera pas d’appeler d’ailleurs pour confirmer le rendez-vous. Mais le jour J, surprise, ce n’est pas un Giovanni mais trois qui se présentent à l’appartement de Suzie, aucun n’étant le Divorcé Excité… mais parmi eux, il y a  l’homme aux menottes !

 

Hi hi ! Vous aimeriez bien connaître la suite hein ? Sans tout dévoiler, sachez que Suzie va se retrouver dans de beaux draps… et elle l’aura bien cherché ! Suzie revoit l’Anglais et trouve le moyen de le convier à la même table que les trois Giovanni qui finalement ne l’intéressent pas des masses, quand je vous dis qu’elle cherche les embrouilles ! Jusqu’au jour où Suzie reçoit une grande enveloppe contenant une paire de menottes en plastique et un mot lui donnant rendez-vous dans un palace de Rome le soir même, le mot n’est pas signé mais ça ne peut être que l’Anglais non…? Bref, Suzie enfile sa tenue la plus sexy, chausse ses « fuck-me shoes » et part au rendez-vous. Dans sa chambre, dans l’attente de l’homme, elle reçoit un SMS très… explicite : « Fais joujou en m’attendant, enivre-toi de champagne, attache toi au lit, bande-toi les yeux, j’arrive… » Je ne vous dis qu’une chose, elle n’est pas prête de l’oublier sa nuit torride la Suzie !

Voilà un petit récit fort réjouissant, bien écrit, délicieusement sensuel tout en restant soft. Pas de descriptions crues, les choses sont suggérées, au lecteur d’imaginer le reste. Au début du roman, l’éditeur annonce que l’auteure « s’est amusée à écrire un petit roman dans l’esprit des contes libertins du XVIIIe siècle », et je trouve cela plutôt réussi ! D’ailleurs, si cela vous tente, ce petit roman pourrait fort bien voyager jusqu’à vous !

 

Au hasard des pages : « Je connaissais la retenue du Cold Fish au lit, sa réserve dans la jouissance, cette fameuse distance qui, jusqu’à présent, rendait nos ébats plus subtils que bouleversants… Je l’ai découvert cette nuit aussi voluptueux qu’insatiable : un vrai virtuose du plaisir dont il peut parcourir la gamme dans tous les sens. A l’envers, à l’endroit, au propre et au figuré. Quant à la passion… comment ai-je osé qualifier mon Anglais de froid ? Remarque, on peut comprendre qu’il cherche à brider ses instincts… Parce que, lorsqu’il leur laisse libre cours, il ne sait plus s’arrêter. C’est l’explosion. Il ne met ni borne ni frein à ses appétits. Aucune sorte de limites… Du délire. De la déraison. De l’exagération. De toi à moi, Vale, ce fut formidable, l’une des expériences les plus fortes de ma vie ! Bon, d’accord, je consens à te raconter ma nuit, mais seulement dans les grandes lignes… » (p. 73-74)

 

Éditions Plon (Avril 2011)

94 p.

 

Mardi c'est permis

Hop, tous chez Stéphie

pour voir ce que les participants ont lu d’inavouable ce mois ci !

 

 

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-les-menottes-et-le-radiateur-alexandra-lapierre-80650679.html

29 commentaires sur “Les menottes et le radiateur – Alexandra Lapierre

    • Oui, assez soft c’est vrai ! Et je suis bien d’accord, il n’y a pas de mal à lire ce genre de roman, en plus celui ci est plutôt assez bien écrit je dois dire !

  1. Il m’a l’air bien sympa effectivement ce livre ! Je m’étais promise d’acheter un Harlequin en lisant ton dernier billet sur le sujet et puis je n’en ai pas trouvé à ma librairie ..du coup , pas de lecture coquine pour mes vacances si on peut classer les Harlequin dans la lecture coquine ..

    • Ahhhh, les Harlequin, on a toutes du en lire au moins un à l’adolescence, c’est une lecture « vintage » ! 😉 Il va falloir changer de librairie alors !

    • Ecoute, pas de problème ! Envoie moi ton adresse et il part ! N’empêche, tu pourrais toi aussi ramper dans ta lbrairie pour dégoter ce type de lecture hein ! 😉

    • Et bien l’amie Valentine ne se manifeste, si l’on peut dire, que dans les toutes derniières pages, mais par mail cette fois ci, elle est bien plus moderne que cette chère Suzie qui noircit des pages et des pages de ses aventures « sexouelles »…

  2. voila LE LIVRE qu’il me fô, pour mes vacances charentaises… merci ma blonde délicieuse, tu viens de me sauver mes vacances !!!! du baiser

    • Rhaaaaaa, l’anglais, l’anglais… c’est que la miss Suzie a les yeux bandés rappelle toi, alors on est sûr de rien hein…? Allez, un indice… Pas sûr qu’il y ait eu qu’un homme dans son lit ce soir là…, ce qui explique peut-être cette nuit torride ! OMG !

    • Mais elle ne s’est doutée de rien la pauvre (ce que j’ai tout de même du mal à croire entre nous soit dit…), tout ça s’est fait à l’insu de son plein gré ! 😉

    • Ah mais je n’ai pas dit qu’ils ont tous « officié » en même temps hein… C’est ça la ruse…! 😉

  3. Faut croire que ma librairie habituelle a penser au confort des lecteurs en recherches de livres érotiques. C’est une colonne normale sur un coin… ceci dit, je ne dis pas que les plus « licencieux » ne sont pas bien planqués dans le bas de la colonne (Je n’ai jamais vérifié mais ou est ce qu’ils rangent les titres de Sade? Avec les classiques ou avec les érotiques? Perso, j’aurai le reflexe d’aller vers les classiques)

  4. Tiens, il me semble avoir entendu l’auteur sur france Inter, ses souvenirs d’enfance, etc… Je ne la voyais pas dans ce style.
    mais à lire les passages, en tout cas, cela est moins ridicule que certain truc erotique écrit par un homme. Tu sais, le béa à capri ou un titre comme cela.

    • Fort possible, elle a écrit des trucs bien différents avant celui ci, notamment des biographies de grandes dames de l’Histoire… je pense qu’elle voulait juste s’amuser avec ce titre, c’est impertinent mais de bon goût, et en plus c’est bien écrit !

  5. Ah je t’ai bien imaginé à quatre pattes en train de chercher désespérément ce fameux livre 😀

    J’ai bien rit

    Bravo 😀

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