L’esprit de Lewis, acte 1 – Bertrand Santini / Lionel Richerand

« 30 novembre 1898.

Cette nuit, maman est morte. »

 

Sous un ciel chargé d’orage, Lewis Pharamond fait ses adieux à sa mère. Le cimetière est bondé mais le jeune homme, le visage ruisselant de larmes, semble seul avec sa douleur. Son père étant aux abonnés absents, Lewis se retrouve seul héritier mâle de la fortune familiale qui compte des terres et plusieurs propriétés. A lui de s’occuper financièrement de ses trois sœurs jusqu’à leur mariage. Mais Lewis n’a que faire de toutes ces propriétés, seul l’intéresse le manoir de Childwickbury, empli de ses souvenirs d’enfance. Devant un notaire effaré, Lewis signe l’acte accordant la jouissance des autres propriétés à ses sœurs…

 

Dès le lendemain, Lewis prend la route pour le manoir familial en compagnie de sa chienne Tania. Un voyage de quatre jours en calèche et en bateau pour rejoindre les lieux de son enfance. A son arrivée, la douce et ronde Martha qui sent la tarte aux pommes. Rien n’a changé. Empli de souvenirs et des trouvailles ramenées de ses expéditions par son explorateur de père, le lieu est idéal pour tenter de dompter sa peine, « retrouver » sa mère et tenter de se mettre à l’écriture de son premier roman mettant en scène un marin et le fantôme d’une noyée.

 

« On raconte que le chagrin, la solitude et le chien

sont les meilleurs compagnons de l’écrivain. »

 

Les jours passent et l’inspiration se fait attendre. Lewis a beau explorer les environs, s’imprégner de l’ambiance gothique du manoir, fouiner dans l’immense bibliothèque ou dans le laboratoire de son père, ses feuilles restent désespérément blanches. Jusqu’à ce que des phénomènes étranges se produisent… Transe ou rêve éveillé, Lewis semble projeté dans un monde irréel peuplé de créatures aussi effrayantes que surnaturelles. Derrière ces apparitions, une femme. Ou plutôt son fantôme… Une femme qui se cherche et trouve en Lewis une réponse aux questions qu’elle ne se posait pas. Une femme qui pourrait apporter la réponse aux questions que Lewis se pose…

 

« Les fantômes m’émerveillent… »

 

Bluffée ! J’ai toujours su que Bertrand Santini avait un petit côté sorcier, ou magicien… voire même les deux. Une alliance subtile entre la fantaisie la plus pure et la poésie la plus décalée, un mélange efficace de drôlerie et d’intelligence, une association inattendue entre frisson, humour et tendresse. Une recette imparable qui a donné naissance à des bijoux comme Le Yark, Hugo de la nuit ou notre adorable Gurty

 

Quel bonheur de le voir se lancer dans la bande dessinée, qui plus est avec son comparse Lionel Richerand avec qui il avait écrit L’étrange réveillon, une merveille d’album inclassable ! Les auteurs donnent avec ce premier tome d’un diptyque qui s’annonce incontournable la pleine mesure de leur talent. On écarquille grand les mirettes face aux planches absolument sublimes de Lionel Richerand, un dessin torturé et élégant, angoissant et travaillé qui s’imprime durablement sur la rétine et ne peut laisser indifférent. Associé aux mots et à l’esprit facétieux et joueur de Bertrand Santini, c’est de l’or en barre…! Le scénario est brillant, l’intrigue truffée de références et de dialogues qui font mouche, l’imaginaire foisonnant. A noter quelques scènes absolument cultes qui font crier au génie. Oui, rien que ça !

 

BIJOU ! Messieurs, vivement la suite…! ♥

 

Éditions Soleil (Octobre 2017)

Collection Métamorphose

72 p.

 

Prix : 16,95 €

ISBN : 978-2-302-06394-5

 

BD de la semaine saumon

… chez Stephie

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