L’été des lucioles – Gilles Paris

L'été des Lucioles

 

« J’ai deux mamans et un papa qui ne veut pas grandir.

 

Je tourne le stylo entre mes doigts et regarde le mur comme un miroir. Avec ma main gauche, j’aplatis ma mèche blonde. Je m’applique sur mon cahier à spirales. ce que je m’apprête à raconter est difficile à croire pour maman qui sera la première à lire mon livre. Pourtant tout est vrai. Je n’ai pas besoin d’inventer quoique ce soit, ou même de mentir, pour expliquer ce que la baronne a appelé « la magie des lucioles ». Tout s’est passé pendant mes vacances.

 

J’ai écrit sur la couverture, au feutre noir et bien baveux, le titre de mon roman : L’été des lucioles. »

 

J’ai ouvert le roman de « Victor » le sourire aux lèvres, ravie de retrouver la plume de Gilles Paris qui m’avait absolument enchantée avec Au pays des kangourous… Là encore, l’auteur nous plonge dans le monde de l’enfance, un monde doux-amer où on s’efforce de comprendre les adultes qui nous entourent. Un monde où les adultes, parfois, refusent de grandir. Un monde bien éloigné de celui des « grands », et c’est tant mieux…

 

Victor a deux mamans qui s’aiment, un papa absent empêtré dans des problèmes trop grands pour lui, une sœur qui veut grandir trop vite, une amoureuse secrète qui ne le sait pas et des amis, plein. Gaspard, sans qui ces vacances au Cap-Martin n’auraient pas la même saveur, la fantasque baronne Hedwige qui persiste à vivre dans le passé et les étranges jumeaux Tom et Nathan, possesseurs des clés leur permettant de pénétrer dans les jardins secrets des villas qui dominent la côte. Et des secrets, Victor va en découvrir au cours de cet été pas vraiment comme les autres…

 

Gilles Paris a le don de créer des narrateurs-enfants crédibles et touchants, son Victor ne déroge pas à la règle. A la fois naïf et terriblement lucide, rêveur et les pieds sur terre, sa petite voix résonne et nous charme d’emblée. Cerise sur le gâteau, les personnages qui gravitent autour de lui sont tous extrêmement attachants, ma préférence allant à la maman libraire et la sœur rebelle adepte des fugues, des garçons et amoureuse chronique…

Oui, c’est un bien joli roman, même si je dois avouer que je suis loin du coup de cœur ressenti pour « les kangourous »… Je crois que j’ai du mal à oublier Simon. Même si Victor lui ressemble un peu par sa fraicheur et sa touchante naïveté… il n’est pas Simon. Et c’est normal me direz-vous… Malgré tout, il y a toutes ces petites phrases qui m’ont parlé tout au long du roman, qui m’ont fait sourire ou qui m’ont fait battre le cœur… et puis la jolie petite musique de la plume de Gilles Paris qui me parle aussi tellement. Et ça, c’est déjà beaucoup…

 

 

Les avis de Alex, Géraldine, l’Irrégulière, Jostein, Séverine, Sophie, Stephie, Yv

 

 

Au hasard des pages : « Amoureuse, ça veut dire que le cœur s’affole pour une autre personne et que tout le sang monte à la tête. C’est Alicia qui le dit. Le reste du temps, le cœur bat lentement, et personne ne l’entend. » (p. 13)

 

« Je me demande ce qu’aurait été la vie de maman sans les livres. Je crois que toutes ces belles histoires l’empêchent de penser trop à papa qu’elle aime encore. A moins que mon papa se confonde avec celui du roman. Elle vit toutes ces vies comme les siennes, traversant les siècles et les pays, en suivant des yeux cette encre noire qui fait battre son cœur et parfois la fait sangloter. Moi, je pleure quand je tombe de vélo. Un vrai bobo qui se voit, lui, avec mercurochrome et sparadrap. Maman verse une larme pour un personnage qui n’existe pas, sauf dans la tête d’un écrivain. Le pansement de maman est un carré de chocolat ou une cuillère de dulce de leche qu’elle avale avec ses larmes. » (p. 114)

 

« Lire, c’est un refuge pour se cacher des autres. Moi, tous ces mots me donnent parfois le tournis. Et j’ai trop peur de tomber à l’intérieur de ces pages qui racontent souvent le malheur du monde. C’est comme écouter de la musique classique. C’est beau, mais ça me rend triste. Alors j’écoute des chansons qui me mettent de bonne humeur, avec des mots étrangers que je ne comprends pas. Des airs qui me donnent envie de danser même si je ne sais pas. » (p. 171)

 

 

Éditions Héloïse d’Ormesson (Janvier 2014)

221 p.

 

 

Challenge rentrée d'hiver

Et une nouvelle lecture pour le challenge « rentrée d’hiver »

de Val…!

16 commentaires sur “L’été des lucioles – Gilles Paris

  1. Et voilà, encore une fois, un livre de plus à lire ! ça n’en finira donc jamais ! Et Autobiographie d’une courgette, comment est -il ?

    • J’ai préféré Au pays des kangourous, ce roman m’avait vraiment chamboulée, dans le bon sens du terme… Je n’ai pas encore lu Autobiographie d’une courgette mais ça viendra ! 😉

  2. Les kangourous, les lucioles, il fait dans le titre animalier cet auteur !!!… Bon je ne dis plus rien, je ne l’ai jamais lu… Un jour peut-être… en commençant par les kangourous ?

  3. j’ai adoré les kangourous, j’ai hâte de lire l’été des lucioles. Je viens de finir Autobiographie d’une courgette qui m’a plu également mais mon préféré reste au pays des kangourous, ce p’tit Simon je n’arrive pas à l’oublier comme toi…

  4. Je m’interroge vraiment sur cet auteur qui plaît à tout le monde. Non, je ne fais pas ma ronchon mais c’est étonnant quand-même parce que vu de lion, j’ai l’impression que c’est un peu mièvre m(ais je me trompe, c’est sûr).

    • Ce n’est pas mièvre non. Et pourtant, confier la narration à un jeune enfant c’est plus que casse-gueule. Tu peux te faire une idée en lisant Au pays des kangourous, c’est plutôt court (oui, je sais, c’est pas ton truc les romans courts…!) et c’est sorti en poche.

    • Je crois savoir ce qui est ta « came »… et non, effectivement, ce roman n’est pas fait pour toi. J’aurais aimé pourtant que tu accroches à Au pays des kangourous, j’avais adoré ce roman…!

    • Tu peux toi aussi te lancer dans Au pays des kangourous pour voir si tu accroches. Personnellement, j’aime beaucoup l’univers et la plume de cet auteur !

  5. Voilà plusieurs fois que je passe sur ton blog, via ton incontournable binôme Jérôme (tiens ça rime !) et que j’aime ce que je lis, alors cette fois je laisse un commentaire ! Je vais lire les kangourous alors puisque j’ai beaucoup aimé les courgettes, dont j’ai parlé sur mon blog. A bientôt !

    • Bienvenue chez moi Sandrion, je suis ravie de t’accueillir ici ! 😉 Et si en plus c’est Jérôme qui t’envoies…!
      Me reste à lire les courgettes moi…

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