Lettres à mon utérus (sous la direction de Marlène Schiappa)

utérus

 

« Utérus vient du Grec ὐστέρα, « la matrice ». L’utérus, c’est la matrice. La base. D’où viennent les hommes et les femmes. En mathématiques, la matrice est le système d’interprétation de chiffres… La grille de base de la compréhension. Comprendre l’utérus, ce serait comprendre les femmes ? »

 

Je ne sais pas à quoi je m’attendais en ouvrant ce recueil de lettres. Pas à quelque chose de croustillant ni d’émoustillant, non. Mais pas non plus à quelque chose d’aussi… douloureux. Le concept m’intriguait. Des femmes qui s’adressent à leur utérus. Sans pudeur ni complexes, à cœur ouvert, elles livrent et dévoilent des pans très intimes de leur vie. Et dieu sait que la relation entre une femme et son utérus peut être complexe…

 

Marlene Schiappa a fait appel à 16 femmes. Elles sont journalistes, comédiennes, artistes, féministes et souvent engagées. Jeunes ou moins jeunes. Spécialistes de l’érotisme ou de la maternité, voire même des deux. Des femmes modernes qui n’ont pas envie de choisir entre « la gentille maman d’un côté » et « la femmes sexualisée de l’autre ». Des femmes qui ont toutes quelque chose à dire à leur utérus, celui qui les a faites mères ou non, celui qui les a blessées, déçues. Celui qu’elles n’ont jamais eu et n’auront jamais…

 

« Je t’ai à l’oeil, toi, mon allié tant redouté, mon muscle capricieux, mon virtuose de l’absurde, toi, l’ennemi intime, capable du meilleur comme du pire. »

 

Oui, certaines lettres sont émouvantes, touchantes, voire bouleversantes. Parce qu’elles touchent à l’intime. Parce qu’elles dévoilent des choses profondément personnelles. D’autres prennent le ton de l’humour, salvateur il faut bien le dire puisque tout n’est pas gai là-dedans. En refermant ce recueil, c’est ce qui m’a marquée. Une relation compliquée et souvent douloureuse, certaines lettres de « rupture » en témoignent…

 

Chapeau bas à toutes ces femmes. Même si la plupart de ces lettres m’ont plus minée le moral qu’autre chose, cette relation de « je t’aime moi non plus » a quelque chose de très fort… Un recueil intelligent et militant dans la veine des Monologues du vagin. A découvrir.

 

« C’est une cicatrice dans le bas du ventre, qui nous rappelle que nous sommes des femmes, et que l’on caresse à l’occasion. C’est un poids ancestral qui nous écrase et que nous sommes tenues d’assumer avec le sourire. C’est ce bouleversement menstruel, qui vient nous tirailler et nous déchirer, et nous dire, dans la douleur, que le sang des règles n’est pas bleu comme dans les publicités.

Un rappel de notre humble condition de vache.

C’est cet instinct maternel qui ne vient pas, parfois.

C’est cette grande matrice vide, qu’on croit née pour se remplir.

Mais je ne crois pas que toutes les femmes soient des matrices vides, nées pour se remplir.

J’ai mis des années à comprendre ce qu’était mon utérus. C’est un gros mot. Un mot gros. Un mot caché, un mot clinique, un mot inélégant, un mot trop anatomique pour être honnête. »

 

Ont participé à ce recueil, sous la direction de Marlène Schiappa : Cassia Carrigan, Nadia Daam, Octavie Delvaux, Géraldine Durand, Camille Emmanuelle, Sandra Franrenet, Marie Lafragette, Johanna Luyssen, Maïa Mazaurette, Marie Minelli, Olivia Moore, Julia Palombe, Delphine Philbert, Gaëlle Renard, Léa Rivière, Juliette Speranza et deux hommes, Stéphane Rose (préface) et Cédric Bruguière (postface)

 

 

Éditions La Musardine (Mars 2016)

161 p.

 

Prix : 14,00 €

ISBN : 978-2-84271-768-1

 

  

mardi-c-est-permis

Tous chez Stephie !

 Et vous, qu’avez-vous lu d’inavouable ce mois ci…?

16 commentaires sur “Lettres à mon utérus (sous la direction de Marlène Schiappa)

  1. je ne sais pas, fo dire qu’en ce moment j’aimerai point un livre qui mine le moral déjà un brin secoué ! Du léger et du Q je veux !
    mais je le garde dans un petit coin de ma tête héhé
    bisous coquine <3

  2. j’ai lu des trucs à trois moi 😛
    et le tien ne me tente pas du tout !! même si certaines choses peuvent amener à réfléchir différemment 🙂

  3. Lu aussi (comme tu le sais déjà, chère Noukette!) et touchée aussi par ces lettres. Tes extraits sont bien choisis et très représentatifs sans tout dévoiler! Merci!

  4. quand j’i lu ce titre j’ai ensé à quand « lettres à mes couilles » mais c’est bête je vois bien que ces lettres racontent quelque chose d’important, jecrois que j’aurais aimé un autre titre

  5. Tu sais quoi Luocine, je crois qu’il serait important de réaliser le pendant masculin de ces lettres. « lettres à mes couilles » ou « lettres à ma b… », il y aurait bien des choses à dire, et pas que vulgaire. Perso, je la trouve émouvante mon anatomie, et puis elle m’a apporté tellement de joie. Bon ok, on s’égare du sujet là… 🙂

  6. je le lirai mais pas pour l’instant. Notre condition de vache, ouais… et n’oublions pas d’hystérie vient d’utérus, n’est-ce pas…!

  7. Merci Noukette, j’ai beaucoup aimé ce livre que m’avait envoyé La Musardine. je l’ai trouvé très bien fait même si certains des textes m’ont moins parlé. Il est vrai que ce livre arrivait pile dans une période sensible de ce côté là pour moi, du coup, je l’ai lu d’une traite et avec beaucoup de subjectivité. Merci d’avoir fait une critique sur ce joli livre !

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