L’homme qui n’existait pas – Cyril Bonin

L'homme qui n'existait pasL’enfer, c’est les autres. C’est du moins la profonde conviction de Léonid Miller qui fuit ses concitoyens comme la peste. Chose rendue aisée par son travail qui l’oblige à rester vissé à son écran d’ordinateur toute la journée. Et de chez lui. Solitaire, un brin taciturne, Léonid met donc un point d’honneur à éviter tout contact humain, source d’inutiles tracas et de soucis démesurés.

 

Par choix, par habitude, Léonid vit seul et se fait discret. Quand il se faufile dans la foule, c’est pour se rendre dans les salles obscures. « Finalement, il lui semblait bien souvent que la vie n’était qu’un rêve… et que les personnages de fiction avaient une présence bien plus dense et plus profonde que celle de la plupart des gens. Que la sienne en tous cas. » Profondément enfoui dans son fauteuil, Léonid vit la vie des autres…

 

Jusqu’au jour où tout bascule. A la sortie d’une projection de Singing in the rain, Léonid s’aperçoit que plus personne ne le voit, ni ne l’entend. Et force est de constater que ce n’est pas une hallucination. Invisible aux yeux des autres, transparent, dépossédé de sa matérialité physique, il devient véritablement un simple spectateur de ce qui l’entoure. Si les murs ne sont plus des barrières, il n’a également aucune prise sur ce qui l’entoure. Les mois passent et la situation n’évolue pas. Après l’incompréhension et l’abattement, le détachement. Et l’arrivée inopinée dans sa vie d’une jeune comédienne dont il se sent curieusement très proche…

 

Quelle étrange histoire ! Et quel plaisir de retrouver le style et l’univers si particulier de Cyril Bonin ! Il y a quelques semaines, j’avais un joli coup de cœur pour son dernier album, Amorostasia. Un noir et blanc lumineux, une histoire atypique, vraiment tout pour plaire ! S’il n’y a pas d’explication à cette étrange maladie de l’amour dans Amorostasia, il n’y en a pas plus à la « disparition » de Léonid Miller dans L’homme qui n’existait pas, et c’est très bien comme ça. Disparaître aux yeux des autres quand on n’est finalement qu’un spectateur de sa propre vie, quoi de plus normal finalement…?

 

L’homme qui n’existait pas est une jolie fable sur la solitude, une sorte de conte moderne. Un joli récit empreint de fantastique, une histoire toute simple en apparence qui laisse presque un goût de trop peu. C’est qu’on aimerait passer plus de temps avec Léonid et la belle Françoise…

J’ai en tous cas la confirmation que le dessin de Cyril Bonin est fait pour moi. J’aime vraiment ce côté épuré, cette simplicité, cette élégance du trait. Si Amorostasia utilisait avec brio le noir et blanc, la couleur ici confère à l’album une ambiance subtilement rétro qui n’ait pas pour me déplaire, justement ce que j’avais apprécié dans Quintett et Chambre obscure. Cerise sur le gâteau, L’homme qui n’existait pas rend un bel hommage au 7e art et donne une furieuse envie de revisionner les classiques…

 

Les avis de Joëlle et Un amour de BD

Le blog de l’auteur

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Éditions Futuropolis (Mars 2012)

56 p.

 

C’était ma logo BD Mango rouge !

Chez Mango et chez les autres !

 

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by Yaneck

16/20

15 commentaires sur “L’homme qui n’existait pas – Cyril Bonin

    • J’avais beaucoup aimé son style déjà avec Chambre obscure et Quintett, adoré son passage à la couleur avec Amorostasia, et là j’avoue que je le retrouve avec plaisir !

  1. « Amorostasia » est déjà soigneusement emballé dans son papier cadeau : j’ai hâte de le lire, oups !, que ma fille le lise 😉 ! Et je me pencherai ensuite sur cet opus précédent, qui m’avait échappé.

    • Je suis sûre que le papa Noël va être très gentil avec toi, tu as été sage toute l’année non ? J’aime bien l’univers de cet auteur en tous cas, j’espère que tu aimeras aussi !

  2. Tu me donnes très envie de le lire. Bon, et faut dire que j’aime bien ce que fait cyril bonin, donc ça aide, aussi. Non, vraiment, tu le vends très bien cet album ^^

    • Nous sommes donc au moins deux à aimer le travail de Cyril Bonin ! Mais tu me connais, quand j’aime, je deviens un peu monomaniaque ! 😉 Il va falloir que je me penche sur le reste de sa biblio !

  3. Je vais t’avouer un truc ma petite Noukette adorée, je surkiffe venir ici piocher des titres de BD, les offrir à mon beau-père qui est amateur, et faire ma fière comme si c’était moi qui avait découvert ces merveilles, en général il adore tes choix ^^ Je vais finir par lui filer le lien de ton blog ^^ En attendant, je note ce titre pour son Noël 😉

    • 🙂 Toi alors ! Écoute, sers toi, pioche dans ma bibliothèque, c’est avec grand plaisir !! J’espère que tu vas pouvoir gâter tout plein de gens avec mes idées BD…!

  4. J’ai tout de suite reconnu les dessins de Bonin, avant même de lire ton article ! J’ai eu, comme toi, un coup de coeur pour Amorostasia et cette nouvelle histoire me tente bien aussi alors je note.

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