mr gwynC’est toujours un mini évènement de retrouver la plume de Baricco… La promesse d’un moment suspendu, d’une parenthèse hors du temps… et surtout d’une vraie leçon de littérature, loin des écrits stéréotypés qui paraissent à la chaîne et sont aussi vite lus qu’oubliés. Rien ne vaut les valeurs sûres…

Dans ma valise estivale, j’avais donc emmené Mr Gwyn, certaine d’aller au devant d’un petit bijou de finesse. Longtemps qu’il était sur mes étagères, parmi tous ces romans que je garde sous le coude pour les baisses de régime ou les petits coups de mou. J’aime Baricco d’amour… Cette capacité inimitable de nous transporter en quelques mots à l’écart du monde. Cette plume raffinée et sensuelle qui prêche le faux pour dire le vrai. Ce talent de conteur auquel il est absolument impossible de résister. Cet art de l’épure et de la suggestion qui dit l’essentiel sans jamais en faire trop…

Avec Mr Gwyn, la magie a à nouveau opéré… J’ai aimé l’histoire de cet écrivain à succès qui du jour au lendemain décide d’arrêter d’écrire. J’ai aimé son idée un peu folle de se mettre à écrire des portraits d’hommes et de femmes inconnus, des portraits intimes à eux seuls destinés. J’ai aimé que l’écrivain se fasse peintre ultime, voulant toucher à la quintessence de l’âme humaine par une observation approfondie de ses sujets. J’ai aimé le voir chercher l’endroit parfait pour les y accueillir, la mise en place minutieuse de son atelier d’artiste, le soin accordé à la lumière (quelle poésie cette symphonie d’ampoules !) le décor et l’ambiance sonore de ce lieu atypique. J’ai trouvé ça beau les prémisses de ces rencontres irréelles… Et j’ai aimé que rien ne soit donné d’avance et que malgré tout, les zones d’ombre persistent. Baricco ne serait pas Baricco s’il n’aimait pas à ce point jouer avec son lecteur…

Trois mois après lecture il me reste donc tout un monde en mémoire. Une petite musique entêtante et un portrait des plus juste de l’artiste en quête de sens. Sublime !

 

Les avis de Charlotte, Clara, Galea, Jérôme, Jostein, Kathel, Mior et Moka

 

Du même auteur sur le blog : SoieNoveciento : pianisteLa jeune épouse

 

« Il avait mis des années à admettre l’idée qu’écrire lui était devenu impossible et maintenant il se trouvait forcé de constater que sans ce métier il lui était très difficile d’aller de l’avant. Il finit donc par comprendre qu’il était dans une situation que partagent beaucoup d’êtres humains, mais pas moins douloureuse pour autant, à savoir : la seule chose qui nous fait sentir vivants est aussi ce qui, lentement, nous tue. Les enfants pour les parents, le succès pour les artistes, les sommets trop élevés pour les alpinistes. Écrire des livres, pour Jasper Gwyn. »

Éditions Gallimard (Mai 2014)

Collection Du monde entier

183 p.

Traduit de l’italien par Lise Caillat

 

Prix : 18,50 €

ISBN : 978-2-07-014236-1

Existe en collection Folio

ce qu'il m'en reste logo

 

Chez Asphodèle, oh la belle idée…


22 commentaires

A_girl_from_earth · 29 octobre 2016 à 01h00

Ohlala j’avais adoré ce Mr Gwyn ! Il faut absolument que je lise Trois fois dès l’aube maintenant !

Marion · 29 octobre 2016 à 06h46

Un peu loufoque mais tellement poétique ! Mon coup de cœur 2015, sans aucun doute !

Aifelle · 29 octobre 2016 à 07h22

Je veux le lire depuis une éternité ! quand je vois les livres de la rentrée qui se sont entassés et la rentrée de janvier qui se profile déjà … il va falloir jouer serré.

keisha · 29 octobre 2016 à 08h20

Si on s’en souvient des mois après, c’est bon signe. Rien à la bibli, snif.

L'Irrégulière · 29 octobre 2016 à 10h11

Un beau souvenir de lecture !

Moka · 29 octobre 2016 à 11h04

J’aime d’amour ce titre. Une merveille. Et de belles scènes que j’adorerais voir au cinéma !

Edyta · 29 octobre 2016 à 11h11

Il est sur ma liste et dans ma bibli 🙂

jerome · 29 octobre 2016 à 11h37

C’est complètement différent de ce qu’il fait d’habitude je trouve mais il se dégage de ce texte un charme incroyable, totalement envoûtant.

Brize · 29 octobre 2016 à 12h06

Un billet trois mois après, ça prouve que c’est une lecture marquante !
J’ai déjà repéré ce roman, mais j’attends d’être dans la disposition d’esprit ad hoc .

Céline · 29 octobre 2016 à 12h33

Un immense coup de coeur pour ce roman si poétique !

Didi · 29 octobre 2016 à 12h41

Bonjour,
j’aime ces livres qui laissent des empreintes littéraires même bien plus tard.
C’est ce qui forge notre bibliothèque intime.
Bisous et bon WE

Laure · 29 octobre 2016 à 12h42

Quand je pense que je l’ai depuis un sacré moment qui attend sagement son tour; il faut que je le mette dessus la pile !

Asphodèle · 29 octobre 2016 à 13h31

Ha oui il t’en reste un souvenir précis et enchanté ! Je l’aime d’amour aussi depuis Soie et Novecento : pianiste, il faut que je lise ce Mr Gwyn déjà noté… Ton billet est superbe ! 🙂

eimelle · 29 octobre 2016 à 15h03

un auteur que j’aime beaucoup aussi!

gambadou · 29 octobre 2016 à 16h23

J’ai beaucoup aimé Mr Gwyn. J’ai trouvé qu’il y avait une grande richesse dans les situations et les personnages.

zazy · 29 octobre 2016 à 21h20

Son livre qui parle de vieilles bagnoles de sport m’était tombé des mains. Je referai peut-être un nouvel essai avec ce livre

Alex-Mot-à-Mots · 1 novembre 2016 à 20h57

Une lecture que j’avais bien aimé.

Mo · 2 novembre 2016 à 06h58

J’ai de ces lacunes à combler… ça me désole autant que cela me met en joie. Je note… histoire de découvrir cette plume à mon tour 😉

Virginie · 2 novembre 2016 à 07h49

Il est toujours sur ma PAL, va falloir que je me décide à le lire !

Naomi · 2 novembre 2016 à 12h10

Quel joli article ! Je n’ai entendu que du bien de  » Soie  » , et j’admets que cela me donne très envie de lire Alessando Baricco sans même m’intéresser aux quatrième de couverture, je me dis que c’est un auteur qui saurait me surprendre par sa plume, et qu’importe l’histoire !
La citation à la fin est vraiment très belle, je la trouve « juste » mais je ne pourrais expliquer pourquoi.
En tout cas, ça me donne encore plus envie de me lancer du côté de cet auteur !

Géraldine · 6 novembre 2016 à 12h39

Je ne connais pas du tout cet auteur, mais là, tu m’intrigues et me tentes bien ! Je note !

Mior · 8 novembre 2016 à 00h10

Poétique, original, et comme tu le dis une lecture que l’on n’oublie pas…

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