plonger

« Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte.

Sur la plage d’un pays arabe.

Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau.

Une provocation. Une exhortation.

A écrire ce livre, pour toi, mon fils. »

 

Ce roman est le récit d’une histoire d’amour, atypique, flamboyante… et pourtant condamnée d’avance. César, le journaliste parisien, romancier et ancien grand reporter, désormais sédentaire et fervent adepte d’art contemporain et de réceptions mondaines. Paz, la photographe espagnole, mystérieuse, solaire, ivre d’ailleurs et de grands espaces. Dans ses photos de plage, César verra la vie. Paz y voit tout le contraire… Un malentendu qui fera pourtant décoller la carrière de Paz. De leur union chaotique naîtra Hector. Hector que Paz n’attendait pas. Hector, voulu furieusement par César.

 

C’est à ce fils miraculeux que César écrit ce roman, pour lui raconter qui était sa mère, quelle fut leur histoire et comment elle s’est terminée, là, sur cette plage du bout du monde… Il ne lui épargne rien, ou presque… Certaines pensées, certaines choses ne peuvent se dire à un enfant. C’est pourtant là-bas qu’il fera réellement la rencontre de celle qu’il croyait connaître…

 

« Écrire ce qu’on pense d’une œuvre, ce qu’elle remue en vous, n’avait aucune portée universelle.

Des bulles. Des bulles de savon. »

 

Plonger est un roman étonnant qui fascine autant qu’il déstabilise.  Il y a, sans nul doute, des éléments autobiographiques dans ce roman, difficile de considérer César autrement que comme l’alter-égo de l’auteur. L’auto-fiction n’étant pas à priori mon genre de prédilection, j’ai souvent eu peur que l’auteur s’enlise et finisse par ne parler que de lui. De fait, il n’est pas question ici que de l’histoire d’amour entre César et Paz, ce que j’ai souvent déploré. César, témoin de son époque, a tout vu, tout vécu… et en parle, beaucoup. Pas inintéressant, bien au contraire, mais toutes ces références (que je n’ai pas forcément je dois bien l’avouer…) m’ont souvent donné le tournis.

Et pourtant, curieusement, ça passe, et même plutôt bien. Ce qui aurait dû me faire reposer ce roman à plusieurs reprises est finalement ce qui m’a le plus « accrochée ». Le style de Christophe Ono-dit-Biot n’y est sûrement pas étranger, à la fois élégant et très contemporain. Un mélange détonnant qui fait qu’on admire tout en étant agacé par tant d’érudition. C’est agaçant oui, mais je ne peux que tirer mon chapeau à l’auteur… Cette dernière partie du roman, cette plongée dans les fonds marins… saisissant, vraiment.

 

Un roman foisonnant qui suscitera autant d’éloges que de grincements de dents. Une chose est sûre, on risque d’en entendre parler…

 

Éditions Gallimard (22 Août 2013)

Collection Blanche

448 p.

 

 

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Nouvelle lecture pour le challenge 1% Rentrée littéraire

chez Hérisson !

 

2/6


46 commentaires

clara · 22 août 2013 à 06h45

J e l’ammène dans ma valise !

cathulu · 22 août 2013 à 07h52

Je n’ai jamais lu cet auteur mais j’espère, vu ton billet, que ce livre sera à la médiathèque!:)

keisha · 22 août 2013 à 08h33

Pas sure que son écriture me tente.^_
Mais je verrai sa jolie bouille dimanche, normalement, à un salon.

    sabine · 22 août 2013 à 09h56

    pas mieux Keisha … Dimanche on regarde sa frimousse, on marque un arrêt et je craque !

    Noukette · 23 août 2013 à 00h45

    Veinarde ! 😉

Cajou · 22 août 2013 à 10h06

Erudition…. non, je n’aime pas ça, je passe mon tour 😀
Je te félicite Noukette, c’est une des PREMIERES fois où tu me fais économiser un livre !

Moka · 22 août 2013 à 10h38

Il est vrai qu’on ne se lasse pas de regarder l’auteur…

Natiora · 22 août 2013 à 10h44

Je suis partagée, le sujet ne me branche pas des masses, mais ton avis me donne envie de tenter quand même. A voir s’il atterrit à la médiathèque.

    Noukette · 23 août 2013 à 00h49

    C’est vraiment un roman étonnant, à découvrir !

L'Irrégulière · 22 août 2013 à 11h15

Il me reste une petite centaine de pages, et je suis conquise !

Mélo · 22 août 2013 à 11h59

Pas pour moi je crois !

    Noukette · 23 août 2013 à 00h51

    Le genre de l’auto-fiction divise… Mais malgré mes réticences, j’ai pourtant été conquise…!

Anne · 22 août 2013 à 12h24

C’est marrant, j’ai eu le même ressenti que toi : ce qui agace accroche en même temps. Je le qualifie de « page-turner irritant » ! Mais je garde mon billet pour la semaine prochaine, je veux en mettre d’autres en avant… avant celui-là.

    Noukette · 23 août 2013 à 00h55

    « Page-turner irritant », j’aime beaucoup ton expression ! J’aurais effectivement pu dire la même chose ! J’attends ton billet du coup !

jerome · 22 août 2013 à 13h19

L’auto-fiction ne passera pas par moi, hors de question que je lise ce roman, non mais !

    Noukette · 23 août 2013 à 00h55

    Je le savais…! Comme quoi je commence à bien te connaître ! 😉

Manu · 22 août 2013 à 21h26

Auto-fiction ? Ah non, là je coince, bon cela dit, le résumé ne m’alléchait pas.

    Noukette · 23 août 2013 à 00h56

    C’est aussi un genre qui m’attire peu en général… et pourtant…!

Leiloona · 23 août 2013 à 08h51

Pas lu comme de l’autofiction … Plutôt eu l’impression qu’il se servait de son métier pour appuyer certaines péripéties, mais pas au point d’un roman de Angot tout de même.

Et j’ai adoré tout ce qui concernait l’art … Même si parfois j’ai trouvé les réflexions assez convenues …

    Noukette · 23 août 2013 à 09h26

    Heureusement que ce n’est pas du Angot, je n’aurais jamais pu aller au bout sinon ç 😉 C’est très bien écrit, prenant, et oui, parfois agaçant… mais dans le bon sens ! (je sais, je suis pleine de contradictions !)

Yv · 23 août 2013 à 09h12

Pas encore lu cet auteur dont j’ai entendu beaucoup de bien

    Noukette · 23 août 2013 à 09h27

    Un roman foisonnant, vraiment intéressant… Je le découvre avec ce titre, j’ai du coup très envie de lire Birmane !

fanny · 23 août 2013 à 11h37

Ton avis m’interpelle, et rien que l’idée d’être agacée mais séduite me fait envie! merci noukette! …j’avais lu un de ses premiers livres il y a une dizaine d’années…c’était particulier, je vais retenter maintenant!

    Noukette · 23 août 2013 à 21h01

    C’était mon premier, mais du coup je serai assez curieuse de découvrir d’autres titres de lui, Birmane notamment !

Valérie · 24 août 2013 à 12h26

J’espère qu’on en entendra parler car c’est pour l’instant mon roman préféré de cette rentrée.

Alex-Mot-à-Mots · 25 août 2013 à 10h05

Une des bonne surprise de la rentrée, alors.

    Noukette · 26 août 2013 à 22h57

    Oui, je suis sûre que ce roman aura une jolie route…!

Marion · 25 août 2013 à 13h13

Je lis beaucoup de choses à droite à gauche sur ce roman. Très très envie de me le procurer…

    Noukette · 26 août 2013 à 22h59

    C’est typiquement le genre de roman qui fait parler…! Et il y aurait tellement à dire à son sujet !

Sara · 25 août 2013 à 13h28

Ca a l’air bien sombre et désespéré, comme j’aime !

    Noukette · 26 août 2013 à 23h00

    Le roman d’une époque en somme… Il pourrait te plaire en effet !

lasardine · 26 août 2013 à 21h38

c’est rare pour moi de passer ici sans prendre note, mais cette fois je passe…

    Noukette · 26 août 2013 à 23h04

    Si je peux rendre service… Cela dit, c’est un très bon roman !

Emily · 10 septembre 2013 à 20h24

Je pense que ce livre a tout le potentiel pour me plaire !

    Noukette · 11 septembre 2013 à 22h14

    Il plait, ou pas… On adore… ou on déteste… Tu sais ce qu’il te reste à faire ! 😉

Noukette · 23 août 2013 à 09h30

Pas faux… mais au final plus conquise qu’agacée…!

Plonger, Christophe Ono-Dit-Biot | Bric à Book - Part 1 · 23 août 2013 à 08h52

[…] Noukette a autant été agacée que conquise. […]

Plonger | · 30 août 2013 à 09h09

[…] avis de Noukette et de […]

Point sur le mois écoulé (7) | Cunéipage · 31 octobre 2013 à 05h55

[…] Plonger de Christophe Ono-dit-Biot (roman) ==> Abandon au 3/4, impossible de réfréner […]

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