Snuff – Chuck Palahniuk

Snuff-Palahniuk.jpgLasse du « mommy porn », j’ai voulu changer de style pour ce rendez-vous devenu rituel du premier mardi du mois…

 

J’ai donc emprunté Snuff, sous l’oeil visiblement perplexe de ma bibliothécaire. Après lecture, je comprends pourquoi. Dans Snuff, on ne fait clairement pas dans la dentelle, c’est de la lecture qui dérange, qui démange et qui donne souvent envie d’aller gerber prendre l’air. Parce que c’est glauque, oppressant et évidemment sans issue. Parce que le subversif Palahniuk est aux commandes, papa, entre autres, de Fight club et du fameux recueil de nouvelles Le festival de la couille dont Sara parlait ici… Parce que cet Ovni est traduit par un gars encore plus déjanté du ciboulot, Claro, et que c’est souvent de la haute voltige…

Et parce que ce roman a pour cadre un gang bang. Voilà voilà voilà…

 

Bon, je vous vois venir. Évidemment, on parle sexe dans ce bouquin, mais pas que. Et c’est là que c’est très fort…

 

Le pitch donc. Cassie Wright est une star du X sur le retour. Pour finir sa carrière en beauté, elle a décidé de se faire prendre par 600 hommes au cours d’une seule nuit. Et ce devant les caméras. Suicidaire ? Y’a de ça oui…

600 hommes attendent donc leur tour, en mangeant des chips dégueulasses, en se tripotant la nouille ou en avalant une dose non recommandable de viagra. Tout ça au milieu d’un tas d’écrans télé diffusant en boucle les films cultes de la star. 600 hommes parmi lesquels les numéros 72, 137 et 600. Un jeunot mal dégrossi avec un bouquet de fleurs défraîchies, un acteur de série se trimballant avec une peluche couverte de dédicaces de stars, et un hardeur bien connu du milieu, bien connu de Cassie aussi… Trois narrateurs donc, trois raisons bien différentes de vouloir tourner dans « Défonce finale ». Et la voix de Sheila, la régisseuse, qui appelle trois par trois les hommes qui doivent rejoindre le plateau. De ce plateau, le lecteur de verra rien, et… comment dire… c’est tant mieux. Ce qui se passe back-stage est bien plus intéressant finalement, et pas moins crade il faut bien le dire… Car tous ont quelque chose à gagner dans cette sale histoire, tous, et ce n’est pas franchement reluisant…

 

Verdict ? Un roman impossible à lâcher. Palahniuk n’est pas un bisounours et ça fait du bien ! Exit tous les clichés insupportables du porno pour ménagère. Snuff est un roman couillu qui dépote sévère. Malsain et trash. Intelligent et provoc. Insolent et barré comme j’aime. Le style brut et cru de Palahniuk est en plus, cerise sur le gâteau, traduit à la perfection.

Snuff fascine autant qu’il dérange… Vous aimerez, vous détesterez, allez savoir… Moi, j’ai adoré… Et j’assume !

 

Les avis de Emma, Cachou, Alfie’s mec

 

Premières phrases : « Un type passait son après-midi en caleçon devant le buffet, à lécher la poudre orange sur les chips au barbecue. A côté de lui, un autre type plongeait une chips dans une sauce à l’oignon puis la léchait. Toujours la même chips, de plus en plus molle. Les mecs ont des millions de façons de marquer ce qu’ils croient être leur territoire. Je dis « buffet », mais en fait c’est juste deux tables à tréteaux recouvertes de sacs béants de chips au maïs industrielles et de canettes de soda. Les types se font appeler quand c’est leur tour – la régisseuse annonce leur numéro, et ils s’en vont tirer leur coup, en mâchouillant du pop-corn au caramel, les doigts constellés de sel d’ail et tout collants à cause des barres chocolatées fourrées au sirop d’érable. Quelques débutants sont juste là pour dire qu’ils y étaient. Nous autres, les vétérans, on est là pour la gloire et pour rendre service à Cassie. Pour l’aider d’un coup de bite à décrocher son record mondial. Pour entrer dans l’Histoire avec un grand H. »

 

Au hasard des pages : « La meilleure façon pour ressentir l’ambiance de cette journée, c’est de vous imaginer sur les chiottes, en train de vous torcher d’arrière en avant. Vous faites pas gaffe, et vous étalez la merde sur la peau toute ridée de vos couilles qui pendent. Plus vous essayez de nettoyer, plus la peau se tend et les dégâts ne font qu’empirer. La fine couche de merde s’étend dans les poils et le long de vos cuisses. Voilà à quoi ressemble cette journée, ce que c’est de garder un secret.

Six cent mecs. Une reine du porno. Un record mondial à vie. Un film culte pour tous les amateurs éclairés de choses érotiques. Et pas un seul mec ici qui sait qu’il va participer à un snuff. » (p. 10)

 

Éditions Sonatine (Septembre 2012)

210 p.

 

 

Mardi c'est permisTous chez Stéphie !

Qu’avez-vous lu d’inavouable ce mois ci ?

 

Une nouvelle lecture

pour le challenge 1% rentrée littéraire !

Challenge 1% littéraire 201211/14

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15 commentaires sur “Snuff – Chuck Palahniuk

    • Chiant à mourir…? A ce point là…? Ecoute, j’ai passé un bon moment, vraiment… même si ce n’est sûrement pas le meilleur roman de l’auteur !

    • Oui, assez convaincu… C’est différent, osé certes, mais différent… Il y a du style, de l’idée, vraiment… Même si l’auteur aurait peut-être pu aller encore plus loin…!

  1. J’ai failli l’emprunter samedi à la médiathèque. Pris en main, feuilleté, lu quelques passages puis reposé sur le rayonnage. Trop glauque pour moi, j’ai pensé. T’imagine  ! (ça doit être l’effet week end de Pâques, le gros dur devient mou du genou avec tout ce chocolat) ! Quel couillon, va falloir que j’y retourne.

    • Trop glauque pour toi ? Toi, le dur, le vrai, le tatoué…? C’t’une blague…? Ca te changerait du mommy porn en tous cas, toute cette ambiance moite remplie de testostérone…!

    • J’ai pensé à toi en le lisant (en tout bien tout honneur hein…!) J’aimerais beaucoup avoir ton avis, en tant qu’amatrice éclairée… C’était mon premier, je pense qu’il est alle bien plus loin dans ses romans précédents mais j’ai bien envie d’en découvrir d’autres du coup !

    • Hâte, vraiment hâte d’avoir ton avis… J’ai croisér ici et là des avis assez mitigés des « puristes » et inconditionnels de l’auteur… Il aurait visiblement pu aller plus loin… Perso pour une première approche, je trouve ça bien trash… et j’aime !

    • C’était mon premier Palahniuk, et loin de me faire fuir en courant ce « Snuff » me donne envie de poursuivre ma découverte !

    • Pourquoi pas ? C’est ce que j’ai fait après tout… même si les puristes le trouvent moins abouti que les précédents…, à voir !

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