Suite 2806 – Anita Berchenko

Suite-2806.jpgNouvelle incursion dans les lectures inavouables sous le haut patronage de miss Stéphie..!

Bon, disons le tout de suite, cette couverture ne colle à mon avis pas du tout au roman qui vous l’aurez sans doute deviné grâce au titre est une version à peine romancée de la fameuse affaire DSK qui continue à faire couler beaucoup d’encre et a donc inspiré ici ce que je peine à qualifier de lecture érotique et encore moins de romance…

Rien d’émoustillant dans cette histoire, on sait évidemment à quoi s’attendre même si l’auteure a l’intelligence de ne juger personne. La lecture n’est pas désagréable, c’est d’ailleurs plutôt bien écrit, mais j’avoue que j’aurais préféré que le tout soit un peu plus romancé…

 

Une citation de Pablo Picasso sert de prologue : « S’il n’existait qu’une seule vérité, on ne pourrait pas peindre des centaines de tableaux sur le même sujet. » Voilà qui est on ne peut plus clair. Pourtant, les précautions habituelles sont prises, « les personnages et les faits présents dans cette histoire sont purement fictionnels. Toute ressemblance avec des évènements réels ou des personnes ayant existé ne serait que pure coïncidence. » Soit. Mais quand même, tout est on ne peut plus évident et l’auteure ne s’en cache pas, d’ailleurs la présentation de l’éditeur est éloquente : « Quand la réalité rejoint la fiction… sexe, mensonges, pouvoir mais pas de vidéos, cette fois. L’affaire a fait grand bruit au courant de l’été 2011, nous en avons fait un roman. » Et là je m’interroge : comment écrire un roman érotique sur un tel sujet ? Les « scènes » décrites étant par définition des relations « non consenties »…

Non, là où l’auteure fait très fort c’est que cette journée est décrite par le menu, presque minute par minute en se mettant tour à tour dans la peau et dans la tête de Daniel et Nissa, nos deux « héros ». Il y a Nissa, la femme de chambre du Grand’Hotel qui « a cumulé les difficultés d’être femme, noire, pauvre, et d’ouvrir les yeux à la lumière du soleil du mauvais côté de la planète. » Discrète, obéissante. Et il y a Daniel, le client français, riche sexagénaire, comme il se doit, accessoirement un « acteur important de l’économie mondiale », un gros bonnet. Un homme à femmes utilisant les « services » de Jake le garçon d’étage opportuniste, prêt à tout pour un bon pourboire… Le reste n’est que littérature… ou pas.

 

Difficile de savoir si tout cela est réellement de la fiction et c’est finalement ce qui m’a un peu géné à la lecture de ce « roman » pourtant bourré de qualités. Prendre cette « affaire » comme point de départ était en soi une bonne idée, pourtant, j’aurais apprécié que l’auteure s’éloigne un peu plus de la réalité (de la vérité ?)… L’éditeur classe ce roman dans le genre « érotico-psychologique » : on suit effectivement de trés près les personnages principaux, avec le petit côté malsain/voyeur qui va avec. L’histoire reste sordide et glauque, le roman, lui, dérangeant, est à lire. Un sacré exercice de style de la part de l’auteure !

 

Morceaux choisis : « Daniel est un épicurien au sens le plus large. Il aime le luxe, la cuisine délicate et chère, les bons vins, chers aussi, les femmes, le sexe. C’est un homme intelligent, brilliant, séduisant aussi même si la soixantaine affaisse les traits de son visage, et alourdit sa silhouette. Il est néanmoins bel homme, cheveux grisonnants, yeux sombres, et toujours un léger sourire aux lèvres qui lui donne un air bienveillant. Riche grâce à son épouse, puissant grâce au poste qu’il occupe. La voie qui se dessine devant lui est exaltante, et bien qu’il ait eu quelques angoisses paranoïaques ces dernières semaines, craignant des complots de tous genres qui ruineraient ses ambitions, il est ce matin plutôt décontracté. »

 

« Daniel, malgré ses appétits sexuels et sa conduite dissolue, est très amoureux de sa femme. Il forment un couple étonnant (…) Lui aurait besoin de sa force tranquille à elle, une manière de stabilité qui compenserait son papillonnage licencieux. Elle fermerait les yeux sur ses frasques, ses tromperies, à condition qu’il continue de briller et de collectionner les postes clés du pouvoir. Une façon d’être elle aussi au sommet… »

 

Éditions Numeriklivres (Août 2011)

Collection Histoires à lire debout

EBook au format ePUB

 

Mardi c'est permisTous chez Stéphie !

Qu’avez-vous lu d’inavouable ce mois ci ?

 

Challenge-amoureux_saison2.jpgEt une nouvelle lecture pour

le challenge amoureux d’Irrégulière

 

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-suite-2806-anita-berchenko-102738197.html

11 commentaires sur “Suite 2806 – Anita Berchenko

  1. De « l’erotico-psychologique » ? Très peu pour moi. Sans compter que le sujet ne me tente pas du tout. J’ai lragement préféré la collection Spicy que tu présentais le mois dernier (tellement préféré que j’ai lu un des titres de cette collection pour le rendez-vous de Stephie^^)

    • Du coup, j’ai eu bien plus de mal à écrire ce billet que les précédents… Je vais revenir aux « valeurs sûres » pour le mois prochain ! 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *