2006. Arthur Cauquin, que l’on imagine encore bel homme, a 45 ans et vit très confortablement au Yémen où il s’est expatrié pour son travail avec femme et enfants. A des milliers de kilomètres, à Orléans, Laurence, sa maitresse, se languit de son retour et de leurs retrouvailles horizontales. Très amoureuse, impatiente et un brin gourmande, la cinquantenaire joueuse et libérée se connecte chaque jour derrière son écran d’ordinateur pour entretenir la passion à distance. Des courriers enflammés qui disent le désir, l’attente, l’envie que les deux amoureux se plaisent à agrémenter dès que possible par le plaisir des yeux quand leurs webcams daignent fonctionner correctement.

Je file au lit me faire menotte de toi. Je t’aime.

Loin l’un de l’autre, les deux amants sont pourtant loin de se morfondre. Leur amour n’étant pas exclusif, Arthur se plait à imaginer sa belle dans les bras d’autres hommes, mieux, il incite fortement Laurence qui ne se le fait pas dire deux fois, à s’envoyer en l’air et à lui raconter par le menu ses parties fines. Et quand ce n’est pas elle qui se dégote des partenaires d’un soir, Arthur s’amuse à se faire passer pour elle sur des sites de rencontre et lui amène de nouvelles proies sur un plateau. Des proies qui seront à même de la satisfaire en son absence, tout comme ces jouets pour grandes filles pas sages qu’il lui commande et qu’elle testera volontiers pour lui – et pour elle. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse la jouissance…

Il y a un petit côté voyeur à lire les échanges amoureux d’Arthur et Laurence et à imaginer les petits jeux coquins auxquels ils s’adonnent derrière leur écran. Leur plaisir évident devient celui du lecteur qui ne peut qu’imaginer puisque Alain Bonnand, lui aussi très joueur, fait vivre ses personnages au travers des seuls dialogues échangés. Les mots sont choisis, le ton savoureux et délicieusement désuet et on se délecte de cette joute verbal érotique subtile où l’on préfère suggérer plutôt que montrer, quoique… Un vrai plaisir de retrouver la plume élégante, piquante et intelligente d’Alain Bonnand qui m’avait déjà enchantée avec Il faut jouir, Edith et La grammairienne et la petite sorcière.

Une lecture savoureuse et épicée que je partage avec Jérôme pour le rendez-vous coquin de miss Stephie.

 

Éditions Serge Safran (Mars 2020)

224 p.

Disponible en version numérique

 

Prix : 17, 90 €

ISBN : 979-10-97594-44-2

 

mardi c'est parmis

chez Stephie !


8 commentaires

Jérôme · 7 avril 2020 à 09h09

Une lecture légère et pimentée qui fait du bien en ces temps de confinement 😉

L'Irrégulière · 7 avril 2020 à 09h41

Je note, ce que tu en dis me plaît bien !

tilly · 7 avril 2020 à 11h42

je m’invite dans le partage de cette lecture désinhibante (lu chez moi le 1er mars) !

Cristie · 8 avril 2020 à 16h29

J’avais adoré : Il faut jouir Edith ! Si là en plus il a construit une histoire autour du candaulisme je prends!

Alex-Mot-à-Mots · 8 avril 2020 à 19h12

Vous partagez même les lectures coquines ?

Stephie · 9 avril 2020 à 09h19

Il faut jouir Edith doit être quelque part dans mes livres non lus. Celui-ci m’avait plutôt rebuté à cause de son titre qui ne me branche pas du tout. Et puis avec le confinement, j’essaie de lire ce que j’ai déjà sur mes étagères.

Moka · 25 avril 2020 à 08h45

Je boude mon potentiel bon plaisir et passe mon tour.

Maïa Brami - Toute à vous - Le premier mardi... - Mille et une Frasques · 7 avril 2020 à 08h12

[…]   Les inséparables Jérôme et Noukette nous proposent une lecture commune, L’Irrégulière nous parle stratégies d’écriture […]

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