CorpsEncore un livre qui figure en bonne place sur les tables des libraires en cette rentrée littéraire. J’ai été attirée, une fois n’est pas coutume, par la sobre couverture en noir et blanc et le titre surtout : un seul mot, lourd de sens… Je me suis lancée dans cette lecture avide d’en savoir plus.

 

Monika est esthéticienne. Tous les jours elle voit défiler dans le salon de beauté ou elle travaille des dizaines de femmes, toutes plus différentes les unes que les autres. Des femmes soucieuses de leur apparence, des femmes résignées du temps qui passe, des femmes qui ne veulent pas vieillir, des femmes dont la beauté coupe le souffle et d’autres dont le corps est vécu comme un poids. Des femmes qui se taisent, d’autres qui, au contraire, dévoilent en plus de leur intimité le plus profond de leur âme : en confiance, elles racontent, et Monika écoute. Le récit alterne entre ces portraits de femmes (la femme du boucher, si blanche et si frêle, Alix, maigre et sans odeur, Adèle, vieille dame coquette que personne n’a plus touchée depuis la mort de son mari, Grâce, tellement belle qu’elle irradie, Ludmilla qui refuse la vieillesse) et les souvenirs d’enfance de la narratrice.

 

Je ne m’attendais pas du tout à ce type de roman quand j’en ai commencé la lecture… Je ne m’attendais pas non plus à ce type d’écriture : point de dialogues, ou si peu, et uniquement en relation avec les souvenirs d’enfance de la narratrice. Point d’échange verbal entre la narratrice et ses clientes, ces femmes qui font à mon avis tout le sel du roman. Le lecteur est face à un long monologue intérieur, elle parle, on écoute… et on se perd parfois entre les histoires de ces femmes et les anecdotes du passé. Et c’est là que le bât blesse : ce style parlé, souvent ennuyeux, parfois indigeste… Impossible de m’attacher à Monika : seuls les portraits de femmes ont trouvé grâce à mes yeux, certains émouvants, d’autres très justes. Il manque quelque chose à ce roman, et je ne saurais dire quoi. Pourtant, on y trouve de belles réflexions sur les femmes, de jolies phrases. A vous de juger, en ce qui me concerne, cette lecture m’a laissée de marbre…

 

Le livre est tombé des mains de Theoma …, Le livraire est mitigé… Cathulu a aimé.

 

Premières phrases : « Quand tout aura disparu, il restera cela. Pouvoir éteindre une lampe. Le pouvoir de faire le noir. »

 

Au hasard des pages : « Je sais moi quand elles sont belles. Les femmes, c’est mon métier, elles sont belles quand elles sont dans leur vérité. Exactement dans la coïncidence de leurs corps et des années, cela s’appelle la vérité. Personne leur a jamais dit ça. Un truc aussi simple que ça, la vérité. Elles sont prêtes à gober tout le reste mais pas ça. » (p. 33)

 

Éditions Buchet/Chastel (août 2010)

156 p.

 

1pourcent

2/7

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-corps-fabienne-jacob-56207608.html

Catégories : Littérature française

18 commentaires

Commentaire n°1 posté par Hathaway · 31 août 2010 à 12h35

J’avais lu le billet de Theoma et les extraits ne m’avaient vraiment pas plu. Je vais passer sur ce livre là!

    Noukette · 31 août 2010 à 13h40

    Tu peux, ce n’est pas un indispensable de la rentrée ! 😉

Commentaire n°2 posté par Herisson08 · 31 août 2010 à 13h57

Je vais plutôt passer…

    Noukette · 31 août 2010 à 22h07

    Tu fais bien…

Commentaire n°3 posté par Stephie · 31 août 2010 à 18h04

Allez, je zappe 😉

    Noukette · 31 août 2010 à 22h08

    Sans regrets ! 😉

Commentaire n°4 posté par Livraire · 31 août 2010 à 23h46

Je suis assez d’accord avec toi en ce qui concerne Monika, même si dans ma vision, finalement il est normal que l’on n’accroche pas avec elle, elle est plutôt un « filtre » qu’une incarnation. L’idée de départ était bonne, mais apparemment, il y a pas mal de lecteurs sceptiques face à ce roman.

    Noukette · 1 septembre 2010 à 23h01

    Je suis d’accord, l’idée de départ était bonne, à tel point que j’en attendais peut-être trop !

Commentaire n°5 posté par pimprenelle · 1 septembre 2010 à 21h35

Dommage, ça avait l’air intéressant.
Le livre est court, ça vaut peut-être la peine de prendre le risque?

    Noukette · 1 septembre 2010 à 23h16

    L’idée est vraiment bonne mais le style parlé m’a vraiment dérangé ! ça se lit vite c’est vrai, peut-être un livre voyageur alors ? (si on m’explique comment ça marche !! ;-))

Commentaire n°6 posté par valérie · 1 septembre 2010 à 23h11

Zut, il était dans la liste des romans que je voulais lire pour la rentrée. Mais j’avoue que les deux extraits ne me tentent pas et ton avis encore moins.

    Noukette · 2 septembre 2010 à 00h05

    Tout dépend ce que tu aimes, je peux comprendre qu’on le trouve intéressant… Mais moi je me suis ennuyée…, dommage !

Commentaire n°7 posté par Theoma · 2 septembre 2010 à 18h40

Je me retrouve tout à fait dans ton billet. Tu parles de monologue et c’est très juste. De belles réflexion mais totalement desservies malheureusement.

    Noukette · 2 septembre 2010 à 22h22

    Oui, comme toi l’écriture m’a profondément horripilée… Et c’est dommage, j’aimais bien l’idée !

Commentaire n°8 posté par Isa · 8 septembre 2010 à 16h24

Une lecture qui m’a profondément ennuyée. Dommage j’aimais bien l’idée de départ.

    Noukette · 8 septembre 2010 à 23h15

    Tu m’enlèves les mots de la bouche ! Oui, c’est bien dommage en effet ! Je ne sais pas si je relirai quelque chose de cet auteur…

Commentaire n°9 posté par Sharon · 1 octobre 2010 à 21h24

Le sujet m’attirait. J’avoue que ton avis m’a refroidi. Je passe !

    Noukette · 2 octobre 2010 à 00h17

    J’ai été moi aussi refroidie à la lecture de ce livre, c’est bien dommage ! 🙁

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