Sur la presqu’île de Iurföll, on grandit au milieu des femmes. Loin du continent où règnent d’autres lois, elles sont le socle d’une micro société à part, gardiennes de traditions ancestrales et de rites qui ici n’étonnent personne. Les hommes partis parfois pour de longs mois en mer, l’île leur appartient. Tout comme leurs choix de vie, les décisions prises pour le bien de toutes et leurs amours plurielles. Maîtresses de leur destin, elles bâtissent une société où la voix de chacune compte comme une pierre nouvelle à l’édifice commun…

Albaan et Lilijann ont grandi main dans la main sur ce petit paradis perdu aux confins des eaux gelées de la mer de Nord. Chevelure ébène et mèches rousses mêlées, elles tissent une amitié faite de respect et d’amour qui ne dit pas son nom. Près de l’océan glacé qui les sépare d’une vie qu’elles n’appellent pas de leurs vœux, à quelques pas d’une forêt immense qui étouffe leurs pas secrets à la recherche de la fascinante Walïlü de leur enfance, elles sont loin d’imaginer que malédictions, vengeance et lourds secrets sont souvent fait du même bois…

Même les galets peuvent être brisés quand la houle est trop forte.

Il règne une atmosphère feutrée de conte séculaire entre les pages du nouveau bijou de Cécile Roumiguière. Pour peu qu’on tende l’oreille, on y sent souffler le vent du large, bruisser les herbes folles des forêts et craquer les brindilles sous les pieds. On s’attend presque à y entendre en sourdine des sorcières des temps anciens psalmodiant les yeux fermés d’étranges mélopées. On imagine des cœurs secrets de femmes partageant recettes magiques au coin du feu… Filles de la Walïlü a le charme étrange et pénétrant des légendes ancestrales mêlé à une modernité de ton qui pousse à interroger notre monde quand l’équilibre vacille. Le récit entrelace croyances, traditions anciennes et secrets plus intimes avec une délicatesse et une intelligence qui me ravit.

Histoire d’un ailleurs possible, histoire de vies, histoire de toutes ces histoires tues et de ces colères endormies qui façonnent l’avenir, Filles de la Walïlü a la beauté, la fragilité et la force des femmes d’aujourd’hui ♥

Lecture « Whaou » partagée avec Jérôme comme (presque) chaque mardi…

 

Les avis de Fanny, Moka, Nadège, Thalie

Et retrouver Cécile Roumiguière sur le blog avec… Le fil de soieParole de papillonLes fragilesDans le ventre de la TerreS’aimerPablo de la CourneuveLes ombres de Nasla

Le site de Cécile Roumiguière

 

Éditions L’École des loisirs (Février 2020)

Collection Médium+

Illustration de couverture Joanna Concejo

272 p.

 

Prix : 15,50 €

ISBN : 978-2-211-30529-7

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7 commentaires

Fanny · 28 avril 2020 à 08h39

Tu as raison, ce roman représente bien les femmes d’aujourd’hui ou en tout cas, je l’espère, la nouvelle génération 😉

Roumiguière · 28 avril 2020 à 09h42

Oh… Ces mots sont tellement justes, Noukette ! La lecture de ta chronique me ravit. Oui, j’ai voulu écrire un ailleurs possible, autrement. En ce matin de confinement, lasse de ce qu’on vit, de cette répétition du médiocre quand ce n’est pas de l’horreur, ton billet me rend l’énergie de croire encore qu’on peut vivre autrement. Je suis émue. Merci.

eimelle · 28 avril 2020 à 11h03

cela a l’air d’être une belle découverte!

krol · 28 avril 2020 à 19h48

Très beau roman effectivement dont tu parles bien. Moi, je l’ai lu au début du confinement, à un moment où j’avais perdu les mots…

Moka · 3 mai 2020 à 16h33

Un coup de foudre comme souvent avec Cécile.

Karine · 16 mai 2020 à 02h08

Ce roman me tente terriblement. pour faire changement.

Jérôme · 23 mai 2020 à 19h47

Quel beau roman, quelle belle histoire. Et quelles sont belles ces filles de la Walïlü !

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