coloc« Parfois, j’ai comme une nostalgie du présent. Je tente de vivre le moment à fond, mais une partie de mon cerveau enregistre les images, les cadre, en retouche les couleurs et j’entends le déclic de l’appareil intérieur. Je collectionne les moments dont j’aurai besoin plus tard pour me souvenir que, parfois, les existences prennent des chemins insoupçonnés, et que les rêves peuvent être touchés. »

 

Au décès de sa grand-mère, les parents de Romain héritent d’un grand appartement dont ils ne savent que faire. Dans la tête de l’adolescent de seize ans, le rêve prend forme. Cet appartement, c’est un signe du destin. L’idéal pour éviter les longs trajets pour se rendre au lycée depuis sa cambrousse, l’idéal aussi pour voler enfin de ses propres ailes et s’éloigner d’une famille et d’une atmosphères pesantes.  Bon gré mal gré, ses parents se laissent convaincre. Romain le littéraire de la bande se retrouve donc à devoir partager l’appartement avec deux colocataires qu’il ne choisit pas : Rémi, élève modèle et geek jusqu’au bout des ongles et Maxime, populaire et tombeur de ces dames. Un trio inédit pour une colocation que Romain veut et espère « flamboyante »…

 

Parce qu’il faut quelqu’un pour « transformer les tensions en défis et les agacements quotidiens en hauts faits d’armes », Romain est propulsé narrateur de l’histoire et se lance dans le récit de cette cohabitation hors normes et inespérée. Devant eux, une année pleine de promesses. Une année faite de petits et grands bonheurs, de compromis, de désillusions, de trahisons, de prises de conscience. L’apprentissage de la vie en communauté. Celui, plus complexe, de la liberté. Et la naissance d’un trio inébranlable et soudé malgré les différences…

 

Un portrait plein de justesse et de finesse. Un regard bienveillant, indulgent mais sans complaisance. Des personnages attachants qu’il est bien difficile de quitter. Qui grandissent et qui apprennent « que tout est moins tranché qu’on l’imagine. Qu’il y a de l’émoussé. De l’usé. Des failles et des fêlures. » Tellement vrai…

J’ai été incapable de lâcher ce roman une fois commencé. J’ai aimé suivre ces jeunes en pleine transition, voir évoluer leur amitié, les voir se démener avec leurs difficultés et celles, parfois moins attendues, des adultes. Tous finalement dans l’attente de leur « satori », ce fameux moment de grâce où l’on trouve enfin une cohérence et où l’on comprend qui on est…

 
 

Une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque…!

 

Les avis de Laure et Pépita

 

Du même auteur sur le blog : 06h41Un endroit pour vivre

 

 

Premières phrases : « GIVE ME A SECOND / I NEED TO GET MY STORY STRAIGHT. C’est le début de la chanson We Are Young de Fun, qui me tourne dans la tête depuis un bon moment – et c’est exactement ce que je dois faire. Remettre de l’ordre dans mes idées, dans mon récit. C’est ce dont j’ai besoin, après l’année qui vient de s’écouler. Il s’est passé tellement de choses – je ne sais pas par quel bout dérouler la pelote. Quand je regarde ma vie, en ce début juillet, et ce qu’elle était il y a un an, je n’en reviens pas. J’ai accompli ma révolution. Pourtant, comme toutes les révolutions astrales, je me retrouve un an après à mon point de départ. Mais je sais que ce n’est que temporaire, que le voyage va reprendre, et vous savez quoi ? J’ai hâte. »

 

 

Au hasard des pages : « J’étais à deux doigts de pleureur tellement la vie était pleine, épuisante, fantastique, ahurissante et déprimante tout à la fois. Je me suis demandé si toute mon existence je ressentirais ces émotions-là. j’ai pensé à mes parents. L’année qu’ils venaient de traverser était aussi dingue que la mienne – les montagnes russes des sentiments, il les expérimentaient eux-aussi. Tant mieux. C’est comme si de la vie coulait à nouveau dans notre famille. » (p. 125)

 

 

Éditions Actes Sud junior (Mars 2015)

Collection Romans Ado

145 p.

 

Prix : 12,50 €

ISBN : 978-2-330-04820-4

 

pepites_jeunesse


41 commentaires

mokamilla · 31 mars 2015 à 01h33

Je commence mes premiers Blondel. J’ai Un Hiver à Paris et 6h41. Je pourrais volontiers découvrir son petit univers jeunesse.

    Noukette · 3 avril 2015 à 23h44

    J’ai commencé par ses romans jeunesse qui trouveront, j’en suis sûre, un écho en toi…

keisha · 31 mars 2015 à 09h00

Vraiment il y a des bons bouquins jeunesse!!!^_^

saxaoul · 31 mars 2015 à 09h12

Je suis fan de Blondel alors j’ai hâte de le découvrir, celui là.

Krol · 31 mars 2015 à 09h41

Je préfère le Blondel jeunesse que le Blondel adulte !

    Noukette · 3 avril 2015 à 23h49

    Pareil ! Cela dit je n’ai lu que très peu de ses titres « adulte »…

Anne · 31 mars 2015 à 11h02

Je note !

Alex mot à mots · 31 mars 2015 à 11h33

Et toi, as-tu éprouvé des instants « satori » ?

    Noukette · 3 avril 2015 à 23h49

    Plein…! Et j’espère que la vie m’en réserve des tas d’autres ! 😉

jerome · 31 mars 2015 à 12h06

Il y a beaucoup de justesse et de bienveillance, tu as raison d’insister sur ce point. C’est vraiment une lecture très agréable (comme toutes celles que l’on partage ensemble tu vas me dire 😉 ).

    Noukette · 3 avril 2015 à 23h51

    Je plussoie… D’ailleurs, nous n’avons pas encore partagé de « coup de griffe », ça manque à notre palmarès ! 😉

Asphodèle · 31 mars 2015 à 12h16

C’est rigolo, je parle de 6h41 aujourd’hui, je vais rajouter ton lien, je ne l’ai pas vu hier en googlisant !!! Que je l’aime cet auteur, pour sa justesse et sa sensibilité ! Il va falloir que je le lise aussi en Jeunesse…

    Noukette · 3 avril 2015 à 23h52

    Ah mais oui, c’est là qu’il est le meilleur, si, si, c’est possible ! 😉

A · 31 mars 2015 à 13h05

Je viens de le noter sur ma LAL, j’aime bien cet auteur.
Bonne journée

    Noukette · 3 avril 2015 à 23h53

    J’espère que tu passeras un bon moment de lecture en compagnie de tous ces jeunes sympathiques ! 😉

Sido · 31 mars 2015 à 13h47

Je me demande si ce livre plairait à mon ado qui rêve de partir de la maison et qui a le gros défaut de ne pas vraiment aimer lire…

    Noukette · 3 avril 2015 à 23h55

    C’est peut-être le livre à lui glisser discrètement entre les mains oui… 😉

Sandy · 31 mars 2015 à 14h11

Je le note sur ma PAL biblio j’ai hâte de le lire ! merci pour ton super article !

    Noukette · 3 avril 2015 à 23h56

    Tu peux y aller les yeux fermés, c’est du tout bon ! 😉

Ariane · 31 mars 2015 à 17h09

J’avais pas mal d’a priori sur la littérature jeunesse (la faute sans doute aux rayonnages entiers de romans mettant en scène des vampires/loups-garous/sorcières/fantômes…), mais d’après ce que je vois sur les blogs, il semble y avoir quelques pépites. Je devrai essayer de m’y intéresser un peu plus.

    Noukette · 3 avril 2015 à 23h58

    Il y a heureusement des tas de pépites sans vampires, plein même. J’en découvre tous les jours et j’en redemande ! 😉

Pépita · 31 mars 2015 à 17h50

oui, un roman plein de vérité, très humain, très juste. Cet auteur excelle pour décrire la vie ordinaire dans ce qu’elle a parfois d’extraordinaire. Il suffit de changer son regard. C’est l’apprentissage de Romain cette année-là.

    Noukette · 3 avril 2015 à 23h59

    C’est aussi ce qui me plait, ce regard très juste et bienveillant qu’il porte sur cette jeunesse si attachante et si vivante… J’adore !

Livresse des Mots · 31 mars 2015 à 18h29

Je l’aurais commandé de toute façon, mais Jérôme et toi êtes unanimes et ça me conforte dans mon immense envie de le lire !

guillaume · 31 mars 2015 à 22h26

‘attendais de l’avoir fini pour lire ta chronique. J’écris la mienne ce weekend. Blondel est un de mes chouchous. Il est très juste, émouvant, positif. Un hiver à paris est entre les deux : adulte/jeunesse. Et on se prend à chercher la part d’auto biographie. En revanche j’ai du mal à le promouvoir auprès des jeunes, pas vous ?

    Noukette · 4 avril 2015 à 00h00

    J’y arrive surtout avec les bons lecteurs, ceux qui ont assimilé le fait qu’il fallait voir plus loin que la couverture. Mes 4e 3e sont plutôt bons clients d’ailleurs ! 😉

Albertine · 2 avril 2015 à 21h41

J’adore cet auteur et ma dernière fille envisage une colocation pour l’année universitaire prochaine : cela sent la lecture mère/fille !

Céline · 3 avril 2015 à 11h32

Je ne connais pas si bien Blondel (juste lu le Baby Sitter, pas désagréable mais sans plus), celui-ci me tente bien ! J’aime la citation sur le fait que tout est moins tranché que l’on imagine…

    Noukette · 4 avril 2015 à 00h13

    C’est un très bon Blondel, il décrit la jeunesse à merveille…!

**Marie** · 3 avril 2015 à 18h47

Une coloc qui m’a l’air bien sympathique !
Il faudra un de ces quatre que je découvre les romans ados de Blondel.

Une ribambelle · 4 avril 2015 à 17h36

Pas encore lu cet auteur. En tout cas il y a beaucoup à dire sur les co locations 🙂

Thalie · 6 avril 2015 à 12h00

Trop envie de le lire… Je trouve le sujet sympa et la couverture me donne envie. Le tout est renforcé par ton avis 🙂
Je le note avec un + devant.
Bonne journée et à bientôt

    Noukette · 8 avril 2015 à 22h26

    Tout est bon : l’auteur, le sujet, la couv’ qui donne envie… et surtout, surtout, les belles rencontres qu’on fait en lisant ce roman. Fonce !

La Coloc de Jean-Philippe Blondel | Un Petit Bout de Bib(liothèque) · 28 mai 2015 à 22h16

[…] les avis de Pépita, Jérôme, Noukette et […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *