Un endroit pour vivre – Jean-Philippe Blondel

Un endroit pour vivreLa rébellion peut être silencieuse. La révolte peut se faire sans cris, sans vagues…

Le nouveau proviseur du lycée veut faire de son établissement un lieu de travail, uniquement, pas un lieu de vie. Sont désormais proscrits les démonstrations d’affection, les baisers un peu trop langoureux, les embrassades qui ne seraient pas uniquement fraternelles, et toutes les effusions, quelles qu’elles soient…

 

Le narrateur, récemment arrivé au lycée, choisit de montrer sa désapprobation, à sa manière, l’air de rien et en toutes discrétion. Caméra à l’épaule, il va capter et graver sur pellicule tous les petits moments de joie qui font le quotidien de ses camarades. Les petits gestes d’amour, les mots susurrés à l’oreille, les tendres caresses dans les cheveux. Les moments vrais de partage, d’intimité et d’amour, mais aussi les disputes et les heurts. Ces moments qu’on ne pourra jamais, jamais interdire…

 

Qu’elle est belle cette révolte secrète et silencieuse… D’une puissance sans nom parce qu’elle se passe de mots. Un cri d’une rare puissance qui dénonce tout en douceur… Très vite, la petite bataille personnelle fait boule de neige. Les autres adolescents, certains professeurs, tous se rallient à la « cause ». Solidaires. La protestation devient un art…

 

Premier titre de Jean-Philippe Blondel à destination des adolescents, et déjà, il frappait juste et fort. Un texte à lire à haute voix, comme tous les titres de cette magnifique collection. Un cri de révolte, un cri du cœur, un cri pour la liberté. Pas à pas, l’adolescent rêveur découvre une façon bien à lui d’exprimer sa désapprobation… Pas à pas, en filmant les autres, il se découvre. Se dévoile…

Un texte pas aussi simple qu’il n’y paraît, bourré de symboles, à réserver aux grands ados qui sauront y lire le message politique qui s’y cache. Et qui s’y reconnaîtront, aussi, pour tout un tas d’autres choses…

 

 

Une nouvelle lecture partagée avec Jérôme pour notre rendez-vous jeunesse du mardi.

 

 

Dans la même collection : Ma tempête de neige de Thomas Scotto – Ma nuit d’amour de Frédérique Deghelt – Pas couché de Cathy Ytak – La piscine était vide de Gilles Abier – Rien dire de Bernard Friot

 

 

Premières phrases« C’est à cause du nouveau proviseur – M. Langlois – , grand, maigre, sec comme un coup de trique. De ses discours autoritaires. De sa façon d’insister sur tous les mots négatifs qu’il emploie : ne pas, interdit, plus jamais, personne. De la manière dont ils le regardaient tous – comme des moutons -, les yeux mouillés, un regard glissé par en dessous, obéissants, jugulés. Ça m’a bouffé. »

 

 

Au hasard des pages : « De l’amour. Les cinq lettres les plus dévoyées – les plus répétées – les plus insignifiantes – les plus cinglantes – les plus piétinées – les plus résistantes.

De l’amour encore. De toutes les couleurs. De toutes les manières. Et sous toutes ses formes. Et moi – la main qui ne tremble pas – l’œil rivé à l’image – détaché et pourtant extraordinairement présent. » (p. 50-51)

 

 

Éditions Actes Sud Junior (Mai 2014)

Première édition Octobre 2007

Collection D’une seule voix

72 p.

 

ISBN : 978-2-330-03252-4

Prix : 9,00 €

17 commentaires sur “Un endroit pour vivre – Jean-Philippe Blondel

  1. J’aime Blondel, je n’ai lu aucun titre jeunesse, mais dès que ma grande a l’âge, je m’y attèle. J’aime le titre, et j’aime beaucoup l’idée de la rébellion silencieuse…rien que pour ça, j’adhère !

    • Beaucoup de très bons titres de Blondel en jeunesse, Blog, Au rebond… entre autres ! Celui ci me plait aussi beaucoup, on peut y lire beaucoup plus de choses qu’il n’y parait…

  2. Tu as plus aimé qu’à ta première lecture alors ? Le texte a été retravaillé ?
    Moi je dois reconnaître que je me souviens à peine du contenu, juste d’une impression étrange et désagréable.

    • Je ne pense pas que le texte a été retravaillé non. Mais à la relecture je l’ai trouvé beaucoup plus marquant, moins anecdotique. Je crois que je confondais avec un autre titre…

  3. J’aime vraiment beaucoup Blondel lorsqu’il s’adresse aux ados. Je suis surprise car je n’avais jamais entendu parler de ce titre. Je compte bien le lire, surtout si c’est le première qu’il a écrit.

    • J’ai lu beaucoup de titres de cette collection que j’affectionne tout particulièrement, dont La piscine était vide d’ailleurs, que j’ai adoré. Celui ci est peut-être moins percutant oui, le ton est malgré tout très juste je trouve !

  4. Je n’ai encore rien lu de cet auteur, quelle chance, puisque tout le monde a l’air d’apprécier. Je sens que je vais me faire plaisir et j’ai l’embarras du choix.

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