LeVieuxJardinAW+Impossible de restituer ici toutes les émotions ressenties à la lecture de cet immense roman…

Le Garçon est un roman-monde. Un roman douloureux et lumineux qui donne le vertige tant il est éblouissant d’intelligence et de maîtrise. Entre ses pages, les bouleversements intimes qui jalonnent une vie, l’amour et la haine, la violence sans nom des hommes et la puissance indicible des sentiments…

Le Garçon est le roman d’une mise au monde. Celle d’un être sauvé par l’amour et la langue alors même qu’elle lui fait défaut. Celle d’un être sans mots confronté à la barbarie et à la cruauté d’une humanité devenue folle. Celle d’un être pur à l’âme vierge qui ressent le monde à défaut de le dire, intimement, viscéralement…

Le Garçon est un roman-blessure. On y pleure des morts, on les enterre, on les brûle… Les chairs à vif et les larmes taries. Les souvenirs vivaces et les voix qui persistent, dans la tête et dans le corps, à dire tout ce qu’on a tu. Ces lettres qu’on ne lit pas mais qu’on garde près du cœur. Ces liens ténus que l’on tisse avec ces rencontres fortuites qui se font famille. Ces étreintes enfiévrées qui sonnent le glas de l’enfance, imprimées au fer rouge, comme un phare dans la nuit sanglante et interminable de la guerre. Cette solitude tenace qui finalement ne lâche jamais prise, quelles que soient les rencontres et les parenthèses d’une vie…

Le Garçon est le roman assourdissant du silence. Celui dans lequel baigne le garçon depuis sa naissance. Celui de la tendresse brutale et muette d’une mère béquille, seul repère de ses premières années. Celui qu’il opposera aux paroles insensées, amicales, paternelles, violentes ou amoureuses de ceux qui croiseront sa route. Un silence enveloppant et protecteur pour celui qui n’attend rien de plus que ce qu’il reçoit…

Le Garçon est un roman total. J’ai été soufflée par sa puissance et sa sensualité charnelle. Impressionnée par la richesse de la symbolique qui s’en dégage. Éblouie par ces fulgurances de beau qui irradient chaque page et laissent le lecteur à son tour sans voix. Subjuguée par ces moments de grâce absolue qui imposent le silence… Un roman magistral d’une rare beauté. Un roman qui fera date et qui vient logiquement de recevoir le Prix Femina. Du grand art, ni plus ni moins. A lire absolument.

« C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. »

Une lecture vertigineuse que je partage avec Asphodèle, Hélène et Moglug

 

Les avis de Claudia Lucia, Kathel, Pr. Platypus, Yv, Zazy

 

Du même auteur sur le blog : Garden of loveFannie et Freddie

 

Premières lignes…

« Même l’invisible et l’immatériel ont un nom, mais lui n’en a pas. Du moins n’est-il inscrit nulle part, sur aucun registre ni aucun acte officiel que ce soit. Pas davantage au fond de la mémoire d’un curé d’une quelconque paroisse. Son véritable nom. Son patronyme initial. Il n’est pas dit qu’il en ait jamais possédé un. Plus tard, au cours de l’histoire, une femme qui sera pour lui sœur, amante et mère, lui fera don du sien, auquel elle accolera en hommage le prénom d’un célèbre musicien qu’elle chérissait entre tous. Il portera également un nom de guerre, attribué à l’occasion par les autorités militaires en même temps que sa tenue réglementaire d’assassin. Ainsi l’amour et son contraire l’auront baptisé chacun à sa façon. Mais il n’en reste rien. Ces succédanés aussi seront voués à disparaître à la suite de cette femme et de cette guerre et de l’ensemble du monde déjà ancien auquel elles avaient pris part. Qui le sait ?

Pour peu qu’on daigne y croire, l’unique trace de son passage qui subsiste est celle-ci. »

Éditions Zulma (Août 2016)

544 p.

 

Prix : 23,50 €

ISBN : 978-2-84304-760-2

 PM_rentreelitteraire

#MRL16

 

challenge12016br

26/18

Challenge 3% rentrée littéraire catégorie « Touche à tout » réussi

chez Hérisson et Léa Touch Book


31 commentaires

Yvan · 27 octobre 2016 à 07h34

Quelle magnifique chronique ! Quelle belle manière de mettre ce livre inoubliable en lumière. J’ai été très touché par tes mots

keisha · 27 octobre 2016 à 07h54

Hé bé, ça a l’air quelque chose, ce roman. Mais quelque chose me retient… Rien ne presse (en fait je crains l’écriture)

Hélène · 27 octobre 2016 à 08h16

Ton billet est à la hauteur de l’émotion que tu as ressentie ! Je suis ravie d’avoir partagé cette lecture avec vous trois !!

framboise · 27 octobre 2016 à 09h13

ce billet, nan mais ce billet koa, ça me laisse sans voix ….
je le lirai, assurément, mais en vacances, quand g le temps de le savourer toussa …
Bisous copine et merci pour tes mots <3
(vais me refaire un café, tu m'as bouleversée moa tiens !)

Itzamna · 27 octobre 2016 à 09h29

Bonjour,
Magnifique billet pour ce roman éblouissant, une langue exceptionnelle, une histoire bouleversante. Ce fût pour moi un vrai coup de coeur.

jerome · 27 octobre 2016 à 09h31

Vertigineux, c’est ça. LE grand roman français de cette rentrée, même si je suis loin d’avoir tout lu, je reste persuadé que bien peu lui arriveront à la cheville.
Très beau billet, je savais que Marcus t’inspirerait 😉

Saxaoul · 27 octobre 2016 à 09h39

Je suis d’accord, je n’ai pas lu un tel roman depuis bien longtemps. J’en suis à la motié environ et je le déguste.

Moglug · 27 octobre 2016 à 10h08

Wahou !! J’aime beaucoup ton article. Autant j’ai adoré ce roman, autant j’ai eu du mal à rassembler mes idées et mon ressenti pour rédiger mon billet. Et c’est vrai que le garçon n’attend rien de plus que ce qu’il reçoit. Je ne l’avais pas identifié comme ça, c’est très juste et c’est effectivement ce qui contribue à sa particularité et la force du roman.

Asphodèle · 27 octobre 2016 à 10h42

Quel billet superbe ! Oui tu lui rends un hommage bouleversant, à la hauteur des émotions qu’il suscite en nous ! J’ai « post-ité » tes citations mais ce ne sont pas celles que j’ai choisies (que j’ai dû choisir) pour le billet ! C’est un indispensable ! Il me semblait que Jérôme l’avait lu mais je n’ai trouvé son billé hier nulle part ! 🙁 Et j’ai écumé son blog…

Asphodèle · 27 octobre 2016 à 10h43

son « billet », haaan…je me cache ! 😆

Eva · 27 octobre 2016 à 10h51

je me souviens quand on en avait parlé au Forum Fnac Livres 🙂
avec un tel enthousiasme de Jérôme et toi, je le lirai forcément – Garden of Love m’avait beaucoup marquée même si je n’avais pas été emballée à 100% – j’ai des souvenirs très précis de cette lecture, j’ai lu ce roman dans la queue pour entrer dans la maison d’Anne Frank à Amsterdam, sous une pluie battante, protégeant le livre comme je le pouvais entre un parapluie et une écharpe – ça collait bien avec l’atmosphère !

L'Irrégulière · 27 octobre 2016 à 10h57

Ton billet est magnifique !

Aifelle · 27 octobre 2016 à 11h11

Je le lirai, vous me donnez toutes envie de le faire et je suis curieuse de découvrir l’auteur.

Kathel · 27 octobre 2016 à 13h04

Quel beau billet ! J’aimerais bien savoir être aussi persuasive, en tout cas, ce magnifique roman le mérite !

Léa Touch Book · 27 octobre 2016 à 15h26

Il va falloir que je le lise !! 🙂

Alex-Mot-à-Mots · 27 octobre 2016 à 17h02

Il vient enfin de rejoindre ma PAL. J’ai hâte de le commencer.

krol · 27 octobre 2016 à 20h00

J’ai bien l’intention de le lire un jour ! Bravo Noukette !

clara · 28 octobre 2016 à 08h46

Je veux le lire !

Sido de errances immobiles · 28 octobre 2016 à 11h29

Je vais finir par avoir envie de le lire…!

Syl. · 28 octobre 2016 à 12h32

Je reviens de chez Aspho et je l’ai noté. Je vais le lire mais je suis sûre que je n’arriverais jamais à faire un billet !

lorouge · 28 octobre 2016 à 16h01

J’ai survolé ton billet (mais noté dans ma liste de billets tentateurs) pour pouvoir le lire après ma lecture) parce que j’ai l’intention de le lire sans en savoir plus, j’aime Marcus Malte depuis ma lecture de Garden of love (en fait je suis fan aussi ;0) Un vrai souffle et style qui emporte irrémédiablement….

dasola · 29 octobre 2016 à 19h40

Bonsoir Noukette, j’ai appris que ce roman avait reçu le prix Fémina cette année. Je l’ai noté. Cela me fera découvrir ce romancier dont je n’ai encore rien lu. Bonne soirée.

Moka · 30 octobre 2016 à 12h12

Je ne peux qu’approuver ton choix !

Virginie · 2 novembre 2016 à 07h52

Super billet ! Comme Keisha, je repousse cette lecture par « peur » des mots, mais là je crois que je ne tarderai plus !

Géraldine · 6 novembre 2016 à 12h42

Magnifique billet, on sent le coup de coeur XXL ! Mais bon, par rapport à mes besoins de lecture actuels, ce roman ne me semble pas bien gai et donc pas trop pour moi ces temps ci !

Sandrion · 7 novembre 2016 à 22h37

J’adore quand tu adores un roman 🙂 Bon j’avais déjà très envie de le lire mais là tu enfonces carrément le clou !!

Sandrion · 28 décembre 2016 à 15h19

Et voilà, je viens de le finir aussi ! Lien vers ton billet ajouté 🙂

Lacomtesse · 14 juillet 2017 à 19h47

Qu’il est beau et juste ce billet! Sous le charme de ce roman, dont la lecture m’a été chaudement ( toujours) recommandée par Framboise. J’aime comment tu le racontes. ???

Le garçon – Marcus Malte #MRL16 | Synchronicité et Sérendipité · 27 octobre 2016 à 10h10

[…] lecture commune avec : Lecturissime,  Noukette, […]

LE GARÇON DE MARCUS MALTE ≠ MRL2016 AVEC PRICEMINISTER | Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture · 27 octobre 2016 à 12h41

[…] oui ce billet est trop long mais c’est comme ça ! C’est aussi une lecture commune avec Noukette, Hélène de Lecturissime et Moglug. Cest également ma participation pour les Matches de la […]

Le garçon | D'autres vies que la mienne · 28 décembre 2016 à 15h26

[…] avis chez Pr Platypus (mitigé), Noukette et Asphodèle […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *