Sa valise est prête et sa décision est prise. Josy ne soufflera pas ses 60 bougies. Il lui a fallu du temps mais l’évidence lui saute maintenant aux yeux. Elle n’est plus faite pour cette vie là. Peut-être même qu’elle ne l’a jamais été. Ce n’est pas un coup de tête, pas un caprice non, c’est une nécessité. Juste un besoin d’air, un besoin de se retrouver seule, pour quelques heures, pour un jour, peut-être plus…

Sous l’œil médusé de son mari et de ses enfants, Josy se dirige vers le garage et monte à bord du vieux van Volkswagen qui n’a pas roulé depuis des lustres. Devant elle, l’horizon est dégagé. Elle est enfin seule. La liberté est soudaine, la solitude troublante et la fugue prend des allures d’échappée belle. Comme soulagée d’un fardeau invisible, elle ne s’inquiète pas pour les siens et laisse son téléphone sonner dans le vide. Ils ne comprendraient pas. Josy, elle, savoure le calme. S’écoute. Se retrouve…

Il n’y a peut-être pas de hasard. Dans sa fuite, Josy va croiser la route d’une jeune maman et de son fils Tom. Elle rencontrera des femmes fortes et belles et vivra une passion aussi subite qu’imprévue. Non, il n’y a pas de hasard. Juste des chemins qui parfois s’imposent et nous révèlent…

Si on pouvait prévoir, que ferait-on réellement ?  Est-ce qu’on vivrait pleinement ? 

Est-ce qu’on franchirait des ponts sans se soucier de l’autre côté ?

Avec Soixante printemps en hiver, Aimée De Jongh et Ingrid Chabbert explorent les fêlures intimes et elles le font avec toute la tendresse et la finesse qui les caractérisent. Il y est question de secondes chances, de mises à nu et de liberté retrouvée. On y parle de belles amitiés et de retrouvailles avec soi. D’amour aussi, celui qu’on n’attend pas, qui bouscule et qui réveille.

J’aimais déjà follement Aimée De Jongh et Ingrid Chabbert mais là, leur duo… c’est de l’or en barre. Les silences, les regards, les émotions… Tout fonctionne dans ce récit, tout fait sens. Les plus grandes révolutions se passent parfois en sourdine, sans fracas, presque en silence… Il est beau ce portrait de femme. Très beau ♥

Ingrid Chabbert, sur le blog : ÉcumesEn attendant BojanglesElma, une vie d’oursAutobiographie d’une courgetteUne mère à BrooklynLe dernier arbreKadogo

Aimée de Jongh sur le blog : Le retour de la BondréeL’obsolescence programmée des sentiments

Soixante printemps en hiver de Aimée de Jongh et Ingrid Chabbert
Éditions Dupuis – Collection Aire Libre (Mai 2022)
120 p. / 23 € / ISBN : 979-10-347-4737-5

BD de la semaine saumonChez Stephie


10 commentaires

Violette · 25 mai 2022 à 11h16

la couverture est sublime ! Je n’ai jamais rien lu de ces auteurs, dis donc ! c’est noté.

gambadou · 25 mai 2022 à 19h49

Je sors de l’obsolescence programmée de nos sentiments… très envie de découvrir celui-ci

Nathalie · 25 mai 2022 à 20h58

Il me tente beaucoup ! C’est noté !

PatiVore · 27 mai 2022 à 01h50

Il me semble l’avoir vu passer… En tout cas, belle couverture et deux auteurs à découvrir !

Caro · 27 mai 2022 à 23h42

D’Aimée de Jongh, j’ai beaucoup aimé « jours de sable », d’Ingrid Chabbert, je n’ai pas adhéré à tout, mais cet album a l’air très réussi, alors pourquoi ne pas tenter ?

Karine · 28 mai 2022 à 02h49

J’aime les autrices… du coup, si tu parles d’or en barre… comment on résiste?

Blandine · 28 mai 2022 à 13h31

Ce que tu en dis me renvoie à Lulu Femme Nue de Davodeau, qui m’avait beaucoup plu/émue. J’ai l’impression que celui-ci est tout aussi beau, et pour « l’âge au-dessus »

Antigone · 1 juin 2022 à 10h01

Je suis complètement séduite !

Fanny · 7 juin 2022 à 09h57

Je vais me l’offrir!

Bidib · 8 juin 2022 à 12h36

je note ! 🙂

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