Cette nuit-là – Linwood Barclay

Cette-nuit-la.jpgQui dit vacances dit forcément bon gros polar à lire sur la plage ou dans un hamac (oui, je sais, j’en rajoute là, pardon pour tous ceux qui ont déjà rallumé le chauffage, mea maxima culpa…). Et celui-là est juste parfait, entendez par là que c’est typiquement le genre de roman qu’on ne peut pas lâcher, dont on tourne les pages de manière frénétique, le genre de roman qu’on pose à regrets à 3 heures du matin parce que quand même c’est pas parce que c’est les vacances que les enfants ne vont pas se lever aux aurores eux… Bref…! Ce roman je l’ai commandé complètement par hasard parce qu’il culminait en tête des ventes poches du moment, c’est un critère comme un autre, mais mes neurones étant comme chacun le sait en vacances, je me suis dit que si tout le monde se ruait sur ce bouquin à cette période de l’année c’est qu’il devait bien y avoir une raison, non ? Et puis le résumé était fort alléchant, jugez plutôt…

 

1983. A 14 ans, Cynthia est l’adolescente typique, plus trop collée à papa maman mais encore un peu gamine dans l’âme, légèrement rebelle mais pas trop quand même. A 14 ans donc, Cynthia fait le mur pour la première fois pour rejoindre un bad boy et faire des choses que la morale réprouve sur la banquette arrière d’une voiture, la bonne grosse cuite en prime (il faut se donner du courage pour ces choses là, n’oublions pas que notre chère Cynthia n’a que 14 ans…). Évidemment, elle a prit soin d’assurer ses arrières avant (en tous cas elle y a cru), elle est censée être chez sa meilleure amie Pam pour réviser, permission de 20 heures royalement accordée. Sauf qu’à 20h15, Cynthia n’étant pas là (la vilaine !), un rapide coup de fil de papa maman chez Pam leur apprend ce qu’ils auraient dû subodorer avant, pas de Cynthia en train de faire consciencieusement ses devoirs ! Et là, papa il voit rouge, monte dans sa Dodge et part à la recherche de sa fifille adorée qu’il retrouve au bout du parking du centre commercial (très glamour comme lieu de rendez-vous romantique…) en fâcheuse position ! Vince Fleming, 17 ans, voyou notoire et futur délinquant sous les verrous « en compagnie » de sa fille, papa n’apprécie pas trop, d’autant plus qu’en prime sa fille pue l’alcool à plein nez ! A la maison, Cynthia refuse toute discussion et file s’enfermer dans sa chambre non sans avoir lâché au préalable un magnifique « Je voudrais que vous soyez morts ! »

Pourtant, le lendemain matin, Cynthia se sent quand même un peu coupable, et sa gueule de bois n’arrange pas les choses. Et là, bizarrement, alors qu’à cette heure ci ça court dans tous les sens pour se préparer avant d’aller au travail ou à l’école…, pas un bruit ! Les lits sont faits, son frère Todd n’écoute pas Led Zeppelin à plein tube dans sa chambre et ne sort pas de la salle de bain en hurlant à sa mère qu’il ne trouve pas ses slips. Pas un bruit ne vient de la cuisine où normalement tout le monde se presse de terminer son petit dej’… Bizarre… Cynthia descend tout de même à la cuisine en s’apprêtant à contrer les foudres de ses parents, rapport à son comportement dévergondé de la veille, et là, pas un chat, table de la cuisine nickel chrome, même pas un reste de Rice Krispies dans un bol ! Là, le lecteur commence à se dire que ça sent mauvais, Cynthia elle, malgré l’absence du moindre post-it expliquant la chose, se rend tout de même au lycée. Mais le soir, force est de constater que ni ses parents ni son frère ne sont rentrés à la maison. Vingt-cinq ans plus tard, Cynthia ne sait toujours pas ce qui c’est passé cette nuit-là, la nuit où toute sa famille a disparu…

 

Et ça, ce n’est que le premier chapitre ! L’intrigue est donc posée : vous vous réveillez un matin, la maison est vide, votre famille a disparu. Ça, c’est fait ! A 14 ans, Cynthia se retrouve donc seule, bonjour l’angoisse et les nuits blanches ! Qu’a-t-il bien pu se passer cette fameuse nuit ? Sa famille a-t-elle été victime d’un genre de serial killer fou hyper bien organisé ? Ou alors, ce qui serait presque pire, l’ont-ils abandonné ? Et surtout, POURQUOI, b****l de m***e !! Avouez quand même que ça fout les jetons !

25 ans plus tard, Cynthia est mariée et a une petite fille de 8 ans qu’elle surprotège, Grace. N’ayant rien à perdre, elle décide de participer à une émission de tété réalité racontant son histoire, Deadline, espérant un appel d’un téléspectateur ayant des renseignements pouvant relancer l’enquête, les crimes bizarres non élucidés, tout le monde sait que ça attire les foules. Évidemment, tout ça ravive les souvenirs de Cynthia et des choses bizarres commencent à se produire, coups de fil perturbants, mails étranges, elle croit même reconnaître son frère dans un centre commercial…

Alors oui, ce roman est sûrement bourré d’invraisemblances, mais moi j’ai marché du début à la fin ! Difficile de ne pas accrocher cela dit, on va de fausse piste en fausse piste, on finit par soupçonner tout le monde, Cynthia y compris, et pour finir on se met le doigt dans l’oeil jusqu’à l’omoplate ! Polar bien ficelé donc, le contrat est rempli, on veut ab-so-lu-ment savoir ce qui a bien pu se passer cette nuit-là ! Le fait que la narration soit faite par le mari de Cynthia lui-même apporte un petit plus à l’histoire : il comprend sa femme, ses angoisses, mais lui aussi, comme le lecteur, se pose des questions.

Bref, un bon polar, idéal pour les vacances qui se dévore de bout en bout ! Pourquoi s’en priver ?

 

Lilibook en a fait un coup de coeur ! 

 

Premières phrases : « Lorsque Cynthia Bigge se réveilla, il régnait un tel silence dans la maison qu’elle crut qu’on était samedi. Si seulement… Ca l’aurait pourtant bien arrangée qu’on soit samedi, ou n’importe quel jour mais pas un jour d’école. Son estomac ne soulevait encore de temps à autre, sa tête pesait une tonne, et elle avait du mal à l’empêcher de basculer en avant ou sur le côté. Bon Dieu, c’était quoi cette horreur dans la corbeille à papier, près de son lit ? Elle ne se souvenait pas d’avoir vomi durant la nuit. Mais la preuve que si ! (…) Elle vida la corbeille dans les toilettes, la rinça dans la baignoire et, les yeux larmoyants, se regarda dans le miroir. Voici donc à quoi ressemblait une fille de quatorze ans après une cuite. Pas joli à voir. »

 

Au hasard des pages : « Cynthia se tenait immobile davant la maison de Hickory Street. Ce n’était pourtant pas la première fois en vingt-cinq ans qu’elle revoyait le domicile de son enfance. Elle vivait toujours à Milford, et il lui arrivait de passer dans le coin en voiture. Elle m’avait montré la maison un jour, avant notre mariage, lors d’un détour rapide. « C’est là », avait-elle dit sans s’arrêter. Elle s’arrêtait rarement. Et si elle le faisait, elle ne sortait pas de la voiture. Elle ne s’était donc jamais tenue sur le trottoir de cette manière. Et cela faisait sûrement très longtemps qu’elle n’avait pas franchi cette porte d’entrée. » (p. 23)

 

Éditions J’ai lu (Février 2011)

Collection Thriller

474 p.

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-cette-nuit-la-linwood-barclay-80166632.html

19 commentaires sur “Cette nuit-là – Linwood Barclay

    • Rhoooo, toi si tu as fait les librairies, tu n’as pas du en sortir les mains vides ! 😉 Il est bien ce roman, pas prise de tête, addictif, parfait pour mon état d’esprit du moment !

    • Sacré PAL, elle nous perdra tous ! La mienne culminait à 150 il y a peu, sans compter les nombreux achats que j’ai fait depuis… Je suis faible… 😉

    • Gniark gniark gniark !!! Et les rebondissements n’en finissent pas jusqu’aux toutes dernières pages ! Tu sais ce qu’il te reste à faire ! 😉

    • Alors banco, tu passeras à coup sûr un bon moment, pas d’hémoglobine comme chez Chattam ou Thilliez mais un bon suspense !

    • Note, note ! Quand au bouquin de Deghelt, je ne sais toujours pas quoi en penser, pourtant je l’ai terminé…

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