Firmin, autobiographie d’un grignoteur de livres – Sam Savage

FirminJ’ai découvert ce roman en bibliothèque, mis en avant avec un gros coeur affirmant « On aime ». Un coup de coeur des bibliothécaires donc, premier bon point. Ensuite, le titre, puis l’illustration ont fini de m’intriguer : un rat qui lit, ma foi, ça nous changera d’un Ratatouille cuisinier. Je l’ai donc emprunté et je l’ai commencé presque aussitôt. Mais voilà, je me suis ennuyée, abandon à la 86e page, mea culpa ! Dommage, ça commençait plutôt bien.

 

Rat de librairie…

 

Firmin est un rat, non pas de bibliothèque mais de librairie. Sa mère, obèse et alcoolique, met au monde sa portée de 13 nouveaux-nés dans les sous-sols d’une librairie de Scollay Square, vieux quartier du Boston des années 1960. Pas de chance pour Firmin, sa mère indigne n’a que 12 mamelles et ses frères et soeurs ne sont pas prêts à lui céder la place. Moins bagarreur que les autres, plus chétif, Firmin se retrouve donc à grignoter des livres et à manger de la colle pour survivre. Petit à petit, il y prend goût et finit par lire les livres qu’il mangeait auparavant, car oui, Firmin sait lire, ou du moins s’en rend compte par hasard… Gourmand de mots, épris des phrases des grands auteurs, il passe ses journées à observer le libraire au travail et les allées et venues des clients de la librairie. Avide de partager son amour des livres, Firmin n’est malgré tout qu’un rat, et il ne parle pas, c’est là son drame… La rencontre avec un romancier marginal fera tout basculer.

 

Oui, tout cela commençait plutôt bien, l’histoire était alléchante et j’ai vraiment essayé d’y entrer… Malheureusement, mis à part quelques bons passages, quelques belles phrases et quelques bon mots, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à ce personnage : pas vraiment gentil, un poil misogyne et un brin pervers, Firmin n’a rien d’un mignon petit rat de dessin animé, amoureux des livres ou pas. C’est bien écrit, l’auteur nous livre un bel hommage à la littérature, à ceux qui la font et à ceux qui l’aiment…, mais au fond, il ne se passe pas grand chose. Assez séduite au départ par les nombreuses allusions littéraires, elles ont fini par gêner ma lecture : trop de références, trop de mots savants, on en vient à se dire que l’auteur a voulu absolument étaler sa culture livresque et ça en devient indigeste. 

Si j’ai capitulé, je pense cependant qu’un grand nombre de bibliophiles s’y reconnaîtront. Au vu des quelques articles ou critiques que j’ai pu lire ici ou là, nombreux sont les lecteurs qui ont passé un bon moment de lecture, certains avis sont même très enthousiastes, je vous laisse vous faire le vôtre !

 

Premières phrases : « J’avais toujours imaginé que si, d’aventure, j’écrivais un jour l’histoire de ma vie, la première phrase en serait saisissante : quelque chose de lyrique à la Nabokov, « Lolita, lumière de ma vie, feu des mes hanches » ou de radical à la Tolstoï au cas où le lyrisme me ferait défaut, « Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon ». Les gens se rappellent ces mots, même quand ils ont tout oublié du livre qui va avec. Mais à mon avis, en matière d’amorce, on n’a jamais surpassé celle du Bon soldat de Ford Madox Ford : « Voici l’histoire la plus triste qu’il m’ait été donnée d’entendre. » J’ai beau l’avoir lue des dizaines de fois, j’en reste encore comme deux ronds de flan. Ford Madox Ford, lui c’était un grand. »

 

Au hasard des pages : « Dans les premiers temps, mon appétit était primitif, orgiaque, imprécis, goinfre -une bouchée de Faulkner ou une bouchée de Flaubert, je ne faisais pas la différence-, mais il ne m’a pas fallu longtemps pour discerner quelques nuances. J’ai tout d’abord remarqué que chaque livre avait un goût propre -sucré, aigre, amer, aigre-doux, rance, salé, acide. J’ai également constaté que chacune de ces saveurs -puis, au fur et à mesure que mes sens s’aiguisaient, que la saveur de chaque page, chaque phrase et finalement chaque mot- s’accompagnait d’une série d’images et de représentations dont je ne savais pourtant rien vu mon expérience très limitée de la prétendue réalité : gratte-ciels, ports, chevaux, cannibales, arbre en fleur, lit défait, femme noyée, garçon volant, tête tranchée, ouvriers levant les yeux au hurlement d’un idiot, sifflet d’un train, rivière, radeau, rayons obliques du soleil dans une forêt de bouleaux, main caressant une cuisse nue, casemate dans la jungle, ou moine agonisant. » (p. 31-32)

 

Traduit de l’américain par Céline Leroy

Editions Actes Sud (2009)

201 p.

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7 commentaires sur “Firmin, autobiographie d’un grignoteur de livres – Sam Savage

    • J’avoue que moi elle m’a carrément ennuyée… d’où mon abandon… As-tu publiéé un billet ? Je ne l’ai pas trouvé ! Merci de ta petite visite ici ! 😉

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