La femme de nos vies – Didier van Cauwelaert

La-femme-de-nos-vies.jpg1941. Jurgen Bolt, petit gardien de vaches de 14 ans est un enfant silencieux doté d’une mémoire phénoménale que ses parents considèrent comme un attardé. A la ferme, on le laisse traire les vaches et mener les veaux à l’abattoir vu qu’il ne semble communiquer qu’avec les bêtes. Le jour où il sauve de la mort un veau dont il se sent très proche, sa vie prend un tournant inattendu…

 

Décidés à ne plus s’encombrer de lui, ses parents n’hésitent pas à le livrer à des médecins nazis contre une prime d’état non négligeable. Interné à l’hôpital psychiatrique d’Hadamar, il devient le numéro B46. Dans le lit voisin, le matricule B48, un petit garçon de son âge, David, juif et surdoué. Son livre de chevet est « Le secret des atomes » écrit par sa mère, Yael Rosfeld, grande physicienne spécialiste de la physique nucléaire morte assassinée sous ses yeux…  

 

Mais Hadamar n’est pas un simple hôpital psychiatrique. Himmler a choisi d’y tester un prototype de chambre à gaz avant d’étendre le principe aux juifs parqués dans les camps de concentration. Les cobayes ? Des handicapés mentaux, trisomiques, schizophrènes, épileptiques et autres rebuts de la société allemande parfaite. Opération « Nuages blancs »

 

Un seul enfant doit y échapper, David. Suspecté de connaître le secret de la fission de l’uranium, il est en effet un maillon essentiel du « H-Plan » et intégrera un camp de travail pour les intelligences supérieures au Château d’Helm. Mais David ne veut pas survivre. Sa place, il est bien décidé à la laisser à Jurgen. Pour cela, il va tout lui apprendre… « Tu vas devenir moi. Et je mourrai à ta place »… Quand Ilsa Schaffner, officier des services scientifiques de la Wehrmacht, arrive à Hadamar pour récupérer David, c’est face à Jurgen qu’elle se retrouve. Elle n’a d’autre choix que de l’aider à devenir David…

 

« Depuis le 13 janvier 1941, j’ai charge d’âme et je vis double »

 

La femme de nos vies… Ou l’histoire d’un incroyable mensonge amenant un petit paysan allemand à prendre la place d’un véritable petit génie juif, détenteur du secret de la bombe atomique… 

Incroyable destin pour un incroyable roman ! J’ai tout de suite été séduite par cette histoire et par la façon originale qu’a l’auteur de la raconter. Soixante plus tard, Jurgen devenu le professeur David Rosfeld est au chevet de celle qui a fait de lui ce qu’il est devenu, Ilsa. Il y rencontre Marianne Le Bret, sa petite-fille française, qui souhaite au plus vite « débrancher » celle qui, à ses yeux et à ceux du monde entier, n’est autre qu’une meurtrière nazie… Alors David va lui raconter la véritable histoire de Ilsa, celle qu’il est le seul à connaître aujourd’hui. Et c’est cette histoire que le lecteur va entendre, par la seule voix de David.

J’ai été sidérée par ce que j’ai pu apprendre de l’Allemagne nazie avec ce roman écrit sur la base de faits historiques. Le volet « renforcement de l’élite intellectuelle » m’était inconnu, c’est édifiant…

Gros coup de coeur pour ce récit foisonnant impeccablement écrit qui mêle à merveille la réalité historique à la fiction… Conquise et sous le charme !

 

Une lecture que j’ai le plaisir de partager avec Leiloona !

 

Les avis de Clara, L’irrégulière, Jostein

 

Premières phrases : « On n’attend plus rien de la vie, et soudain tout recommence. Le temps s’arrête, le coeur s’emballe, la passion refait surface et l’urgence efface tout le reste. Il a suffi d’une alerte sur mon ordinateur pour que, dès le lendemain, je me retrouve à six mille kilomètres de chez moi, l’année de mes quatorze ans. L’année où je suis mort. L’année où je suis né. »

 

Au hasard des pages : « Ma vie commençait, Marianne. Ma vraie vie. L’existence ahurissante que je dois à votre grand-mère. Oui, elle a fait d’un petit neu-neu du Limburg le futur assistant des plus grands scientifiques du siècle. Dans son propre intérêt et celui de sa cause, elle m’a métamorphosé autant qu’elle s’est servi de moi. Mais comment aurais-je pu soupçonner le scénario machiavélique que, dès nos premiers échanges, elle allait échafauder à partir de mon imposture ? Comment imaginer que, dix-sept mois plus tard, je serais devenu un agent double en route vers les États-Unis ? (p. 88)

 

Éditions Albin Michel (Mars 2013)

350 p.

 

 

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Livre en lice dans la sélection du mois de mai

 

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18 commentaires sur “La femme de nos vies – Didier van Cauwelaert

    • Je n’ai lu de lui que Le père adopté, plutôt un roman autobiographique, et un autre roman il y a très longtemps dont je n’ai pas gardé un grand souvenir… Du coup, quelle agréable surprise que ce roman !!

    • Je n’avais lu qu’un seul roman de cet auteur, d’un tout autre genre, je ne m’attendais à rien de particulier… et j’ai été bluffée !

    • Celui ci est pourtant très différent des autres au dire des spécialistes de l’auteur… Personnellement, j’ai adoré !

    • Je m’en doutais… Mais contrairement à toi, je connais peu l’auteur, je n’avais donc aucun à priori en commençant cette lecture… Et puis j’adore cette période dans les romans moi…!

    • Mince alors… Mais je n’avais pas vu le billet de Liyah, et comme en général elle n’oublie jamais… Mea culpa !

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