The Time Before – Cyril Bonin

jéromeNew York, 1958. Il est presque minuit lorsque le photographe Walter Benedict rentre du Village Vauguard où il a immortalisé l’impressionnant solo de trompette du grand Miles Davis. En bas de son immeuble, et malgré l’heure tardive, un marchand ambulant tente de vendre ses babioles aux passants. Walter s’en étonne et s’éloigne poliment. Quelques minutes plus tard, il entend des éclats de voix depuis son appartement et se précipite pour venir en aide au vieil homme agressé par trois voyous. Reconnaissant, l’homme lui offre le pendentif qu’il garde autour du cou, un talisman qui d’après lui a le pouvoir d’aider celui qui le possède à réussir sa vie…

 

La vie de Walter reprend. Sous son œil avisé, les modèles prennent la pose, prolongeant volontiers la séance dans leur loge une fois les projecteurs éteints. Et Walter ne s’en prive pas. Mais ce jour-là, quand il embrasse la belle Mia, il aurait mieux fait de s’abstenir. M. Denton, le directeur du magazine de mode pour lequel il travaille, père de la jeune fille, surprend la scène et le vire sur le champ. Il lui suffit alors d’effleurer le talisman en souhaitant revenir en arrière pour se rendre compte que le vieil homme n’avait pas menti…

 

Ainsi, ce que lui a dit le vieil homme serait donc vrai. Walter n’en revient pas. Cette pierre permet réellement de revenir dans le passé. Si quelque chose va de travers, s’il se rend compte qu’il fait fausse route… il n’aura qu’à revenir en arrière pour faire le bon choix. Il va pouvoir vivre une « vie parfaite ».

 

Voyager dans le temps. Revivre le passé. Être au bon endroit au bon moment. Walter détient le pouvoir immense de refaire sa vie en faisant les bons choix. Il lui suffit pour cela de penser à un moment précis de son existence pour y revenir, le revivre, en modifier le cours et remettre son destin dans la « bonne » direction… Un pouvoir à double tranchant tant il est facile de se laisser griser… Mais Walter veut mériter sa réussite. Une fois réparée l’erreur qui lui a valu la fin prématurée de sa carrière, il gravit les échelons et devient un photographe en vogue. Jusqu’à cet accident de voiture…

Effacer ses erreurs quitte à briser le fragile équilibre d’une vie. Prendre tout le temps nécessaire pour parvenir à une vie parfaite. Mettre en scène sa vie comme il met en scène ses modèles… Tentant… Mais à quel prix ? 

 

Écrire sa vie demande parfois de nombreux brouillons.

 

Une fois encore, je suis sous le charme de l’univers de Cyril Bonin. L’auteur s’empare avec bonheur du concept largement galvaudé du voyage dans le temps. Avec sa patte bien à lui, sa finesse et son intelligence. Immergé dans l’Amérique des années 50, le lecteur pénètre dans un univers en technicolor proche de la publicité ou du cinéma de l’époque. Au côté de Walter, au gré de ses multiples allers et venues dans le temps, il se pose les mêmes questions… sans en trouver forcément les réponses.

 

Conquise oui. Cyril Bonin continue de me surprendre. C’est dire si j’attends avec une impatience non dissimulée son adaptation de La délicatesse de David Foenkinos et le troisième tome d’Amorostasia annoncés chez Futuropolis…

 

Les avis de Jérôme, Un amour de BD, Yaneck

Le blog de l’auteur

 

Du même auteur sur le blog : QuintettChambre obscureAmorostasia tome 1 et 2L’homme qui n’existait pas

 

 

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Éditions Bamboo (Mars 2016)

Collection Grand Angle

104 p.

 

Prix : 18,90 €

ISBN : 978-2-8189-3551-4

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Yaneck

16 commentaires sur “The Time Before – Cyril Bonin

  1. Tu me tentes mais je n’ai pas encore Amorostasia 2… alors… Sinon, l’homme qui n’existait pas m’avait un peu déçue si je me rappelle bien. Allez je note ce titre !

  2. J’avais déjà bien adhéré à Amorostasia (le tome 1 du moins, le tome 2 je ne l’ai pas tenté, il m’a finalement paru de trop), et j’avais déjà noté celui-là chez Jérôme. Je resurligne ici !

  3. Déjà repéré la semaine dernière celui-là! Et puis ce genre de talisman, fait rêver parfois. Le graphisme me plait bien, je le trouve élégant.

  4. Bonjour,

    Je passe souvent sur votre blog, mais je suis une lectrice silencieuse ! Mais cet article m’a fait penser à un de mes films coup de coeur « Il était temps » de Richard Curtis, avec Domhnall Gleeson, Bill Nighy, Rachel McAdams.

    Sur cette thématique, il y a aussi le roman de Ken Grimwood : Replay.

    Lilly

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