Une belle histoire d’amour qui finit bien – Xavier Deutsch

Une-belle-histoire-d-amour.jpgNon pas que je sois une incorrigible romantique mais ce livre s’est imposé à moi en ce jour de Saint Valentin. En général, je ne suis pas fan de romans à l’eau de rose mais j’avoue que ce qui m’a poussé à lire ce livre est moins son titre qui a le mérite d’annoncer la couleur (quoique…), que son énigmatique bandeau de couverture. On ne peut que se poser des questions à la vue de cette femme les mains liées dans le dos par un foulard rouge. Car s’il est bien sûr question d’amour dans ce roman, il est aussi question de séduction, de perversion et de manipulation…

 

Paul, Achille et Zoé forment un trio d’amis que rien en apparence ne peut séparer. Ils se connaissent depuis le lycée et s’ils ont chacun pris des routes différentes leur amitié est restée intacte. Ils ont en commun leur passion pour le XVIIIe siècle et un attrait pour tout ce qui touche au jeu, à la volupté et à la griserie sous toutes ses formes. Le temps passe, Zoé devient professeur de lettres, Paul architecte et Achille occupe un emploi sans grand intérêt dans un Conseil général. Zoé a arrêté de poser nue pour des photographes et a finalement épousé Charles, magistrat de son état, quarante ans, séduisant, riche, raffiné, devant l’objectif duquel elle s’était dévêtue. Assez vite, Charles se révèle être un pervers manipulateur qui aime Zoé sans partage. Sous l’emprise de cet homme autoritaire et malsain, Zoé et ses deux amis vont devoir ruser pour continuer à se voir. Les rendez-vous deviennent des rituels, à jour et heure fixes pour tromper la vigilance du mari jaloux : deux fois par semaine, le « jour du psy » et le « jour de la messe », les amis se retrouvent donc comme avant, Paul et Achille mettent de côté leur colère et Zoé sa tristesse, pas de questions, on se comprend à demi-mot…

Volupté, délicatesse, lenteur, secret… Ce qui lie les trois amis prendra une tournure inattendue lors d’un banquet costumé organisé par les Brune-Lanach auquel Achille réussit à se faire inviter. Il y convie Paul et tous deux promettent à Zoé qu’elle y tiendra un rôle important malgré son absence. Celle ci leur confie une mission, charge à eux de l’accomplir au court de cette soirée mondaine. Une soirée de tous les dangers où Paul fera la rencontre de le belle Sigrid…

 

J’ai littéralement dévoré ce petit roman qui pourtant me laisse un petit goût d’inachevé. Je ne m’attendais pas à ce que l’intrigue prenne une telle tournure, et je me suis laissée embarquer dans ce scénario diablement efficace. L »histoire est racontée par Paul lui-même, des années plus tard, alors qu’il est marié et heureux. Petit à petit, grâce à ses souvenirs, le lecteur reconstitue le puzzle et c’est à mon sens une des réussites de ce roman. Paul, Achille et Zoé sont liés d’une façon qu’on ne peut déceler de prime abord, leur histoire est troublée par des grains de sable qui pourtant n’altèrent en rien leur amitié : Charles le mari jaloux, Sigrid la mante religieuse qui cache tant de secrets.

 

Pourtant, malgré une langue savoureuse et une intrigue alléchante, je reste un peu sur ma faim. Une fois n’est pas coutume, j’ai compris assez rapidement de quoi il retournait et le dénouement ne m’a pas surpris. Bien sûr, tout est contenu dans le titre, et le lecteur sait à quoi s’attendre mais il me manque un petit quelque chose, l’impression que l’auteur aurait pu pousser plus loin son idée, que le tout soit un peu moins heureux peut-être, plus sensuel, plus libertin. Quitte à jouer avec le feu.., j’avoue que ma conception du libertinage amoureux est quelque peu différente !

 

Je garde néanmoins un bon souvenir de cette lecture qui m’a permis de découvrir la plume de cet auteur belge présenté comme un des plus talentueux de sa génération.

 

Premières phrases : « Je suis comme ça. Je regarde ce soir à la télé une enquête de l’inspecteur Barnaby avec ma femme, ce qui correspond d’assez près à l’image que je me fais du bonheur idéal, et la dernière chose au monde que je voudrais voir survenir, c’est une situation embarrassante, ou contrariante, ou bruyante, qui surgirait pour me contraindre à quitter le divan et l’épaule de ma femme. »

 

Au hasard des pages : « Ce soir-là, donc, du jeudi 27 octobre, nous vîmes arriver Zoé plus ravissante que jamais. Elle nous fit la bise, elle sentait bon. Elle souriait. Elle s’assit, posa son sac sur la table, rajusta une mèche de cheveux bruns. Cela remonte à quatorze années, mais j’ai gardé un souvenir étrangement précis, presque photographique, de ce moment. » (p. 61)

 

L’avis de Stéphie que je remercie au passage pour le prêt de ce livre ! D’autres avis, ceux de Lancelau, l‘Irrégulière, Cachou, Lili toutes emballées !

 

Éditions Robert Laffont (Août 2010)

172 p.

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9 commentaires sur “Une belle histoire d’amour qui finit bien – Xavier Deutsch

    • Oui, c’est une lecture que j’ai trouvé bien sympathique malgré mes petits bémols… Tout à fait le genre de lecture qu’il me faut en vacances ! 😉

    • M’étonne pas !!! Dis, j’peux le compter pour ton challenge ? Non, je rigole, je trouverais bien une autre histoire d’amour qui finit bien ! Super idée d’ailleurs, article sur mon blog aujourd’hui ! Et bravo pour ton niveau privilège, j’suis jalouse là ! 😉

    • Ce n’est pas un coup de coeur mais j’ai trouvé cette lecture très divertissante ! Dommage que tu ais loupé l’auteur ! 😉

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