Personne ne disparait – Catherine Lacey

9782330057985FS« Sur la douloureuse déception d’être soi, le souffle court des promesses et la séduction du précipice, le premier roman de Catherine Lacey fait retentir une voix inoubliable, d’une originalité radicale et d’une drôlerie inespérée » Quatrième de couverture

 

Voilà. C’est un premier roman. Et c’est bouleversant. Totalement. Intensément. Incroyablement. C’est un ovni. Une merveille. Un truc fou qui chamboule l’intérieur. Qui se lit dans un souffle. Dans l’émotion. Les sourires au coin des lèvres et les larmes au bord des yeux.

Un roman qui ressemble à tant d’autres et pourtant, qui ne ressemble qu’à lui. Ça dit Nous, Vous peut-être ! Ça dit la vie. Celle qu’on effleure parfois. Celle qui nous tient réveillés, la nuit. Le jour aussi.

Des mots qui sonnent justes. Qui résonnent fort. Un récit de l’intime que je partage, un peu parfois, sans aucun doute, sans vraiment le savoir, sans vraiment en parler…

 

Un brin d’histoire :

Elyria, jeune femme New Yorkaise, diplômée de Barnard, employée depuis 5 ans comme scénariste chez CBS, mariée avec Charles, a une vie assez réussie… Et pourtant, un jour, sans dire un mot, s’en est allée. Loin. A tout quitté. Pourquoi ? Pour qui ? Pour elle ? En Nouvelle-Zélande, elle va chercher un nouveau souffle. Vers un ailleurs. Ou peut-être vers elle.

Commence alors un périple vertigineux, un voyage intérieur, fait de rencontres, de paysages éblouissants, de bords de route un peu sordide, d’aventures folles et de désespoir qui chamboule l’âme….

 

Extraits :

« Ce que je voulais dire c’est que j’avais conscience qu’il faudrait que je fasse quelque chose que je ne savais pas faire, c’est-à-dire partir comme une adulte, comme une grande personne, énoncer le problème, remplir des papiers, faire tous ces trucs d’adultes, mais je savais aussi que ce n’était pas tout le problème, que je ne voulais pas seulement divorcer de mon mari, mais divorcer de tout, de ma propre histoire ; j’étais poussée par des courants, par des choses invisibles, souvenirs et inventions et peurs tourbillonnant ensemble – c’était le genre de truc que tu ne comprends que des années plus tard, pas le genre de truc que tu peux expliquer à une quasi-étrangère dans un placard à balais, alors que t’es à peu près saoule, que tu ignores à peu près où tu es et ce que tu fais là, ou pourquoi certaines personnes reconnaissent l’odeur des secrets. »

 

« Mes choix étaient piètres, ils étaient pauvres, fauchés, ils avaient perdu toute valeur aux yeux des autres. Mes choix n’avaient de valeur que pour moi et cette valeur, me rendais-je compte, était elle aussi hautement discutable, maintenant que j’étais assise, engourdie et encore habillée sur un lit d’hôpital, en train d’attendre que quelqu’un vienne analyser en profondeur mon être invisible intérieur, et j’étais tellement sûre qu’on ne me dirait que ce que je savais déjà – qu’il n’y avait aucune raison évidente ou perceptible derrière tout ce que j’avais fait : quitter mon mari sans un mot et errer dans ce pays pendant si longtemps. J’étais simplement là, recroquevillée dans mon rien. Tout ce que je pouvais dire pour expliquer mes piètres choix c’est que j’avais eu le sentiment général d’avoir besoin de partir, d’avoir besoin d’être la première à partir, le besoin de me barricader contre la vie que tous les autres semblaient vivre, la manière apparemment évidente, intuitive, claire et facile, et facile et claire pour tous ceux qui n’étaient pas moi, pour tous ceux qui se trouvaient de l’autre côté de cet endroit appelé moi. »

 

Ce roman est un éblouissement, qu’il vous faut découvrir, je crois !

 

 

Éditions Actes Sud (Février 2016)

288 p.

 

Prix : 22 €

ISBN : 978-2-330-05798-5

 

 

Challenge-Rentrée-littéraire-janvier-2016

Facteur pour femmes – Didier Quella-Guyot / Sébastien Morice

facteurAoût 1914. Loin de la fureur du monde, les habitants d’une petite île bretonne écoutent d’une oreille distraite les rumeurs de guerre qui leur parviennent comme étouffées. Et pourtant… Quand l’ordre de mobilisation générale est décrété, tous les hommes valides sont priés de rejoindre le continent au plus vite pour prendre les armes. C’est l’affaire de quelques mois, tout au plus, ils seront vite rentrés. Confiants et pour certains ravis de s’évader de leur quotidien, les hommes réquisitionnés abandonnent leur île aux femmes, aux enfants et aux vieillards. Épouses, mères, sœurs, amantes… toutes espèrent secrètement que leurs hommes seront de retour pour les moissons…

 

Très vite, il faut s’organiser pour remplacer les hommes mobilisés. Resté sur le carreau à cause de son pied-bot, le jeune Maël se verra proposer le rôle clé du postier.

 

Une aubaine. L’occasion de se soustraire au joug de son père qui le traite comme un larbin tout en se rendant utile. L’occasion de se sentir libre et de quadriller l’île à vélo.

Et Maël prend son travail à cœur. Tellement à cœur qu’il s’autorise quelques petits pas de côté pour la « bonne cause »… et dans son propre intérêt. Certaines lettres, jugées trop violentes ou au contraire trop sentimentales, seront mises de côté… D’autres censurées, voire carrément réécrites à sa sauce permettront à Maël d’avancer subtilement ses pions sur l’échiquier. Petit à petit, l’air de rien, le jeune homme pas si farouche et pas si benêt qu’on voudrait le croire se rend indispensable auprès de toutes ces femmes éplorées. Des femmes qu’il apprend à connaître sur le bout des doigts en lisant les missives qui leur sont destinées.  Et chaque jour, ce ne sont plus des nouvelles de leurs soldats qu’elle attendent… mais Maël…

 

Il y a tout ce que j’aime dans Facteur pour femmes. A commencer par une vraie histoire, dans le sens romanesque du terme. Tout s’y prête : le cadre et les paysages, la période historique, le jeu dangereux, sensuel et un peu cruel qui se met en place, les relations qui se tissent entre les différents personnages et ce petit côté sulfureux, amoral et un brin coquin qui confère à cette lecture un haut potentiel addictif… Réjouissant et malin.

 

Et c’est peu dire qu’il souffle dans cette BD un joli vent de liberté. Rien n’y est figé… Les femmes délaissées se décident à ne pas s’oublier et s’accordent du bon temps sans « conséquences ». Maël prend sa revanche et devient l’amant de toutes ses femmes qui préfèrent ignorer qu’elles ne sont pas les seules à tomber dans ses filets savamment posés. Et tout le monde y trouve son compte. Mais chuuttttt…. le lecteur n’est pas au bout de ses surprises…!

 

A découvrir d’urgence, pour l’histoire, oui, qui surprend autant qu’elle ravit… et pour le dessin élégant, aux couleurs chaudes extrêmement réussies, qui s’imprime durablement sur la rétine… Une bien jolie découverte !

 

 

Les avis de Canel, Jérôme, Krol, le Petit Carré jaune, Maël, Miss Alfie, Sabine, Sylire

 

 

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Éditions Bamboo (Septembre 2015)

Collection Grand Angle

110 p.

 

Prix : 18,90 €

ISBN : 978-2-8189-3413-5

 

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Stephie

La porte de la salle de bain – Sandrine Beau

salledebainIls se faisaient attendre. Et tous les jours, face au miroir, Mia guettait l’arrivée de ces petits bouts de rien qui commenceraient à se deviner un peu sous le tissu du tee-shirt. Patience. Mia le sentait. La Grande transformation était enfin en marche… Petit à petit, elle devenait une femme. C’était grisant, excitant, un peu effrayant aussi…

D’abord des tout petits pois qu’elle était la seule à voir. Puis des petits œufs au plat. Et c’est là que les choses ont vraiment changé… Les réflexions un peu amusées des adultes, les regards un peu plus appuyés des hommes dans le bus qui mène au collège… et Loyd, l’amoureux de maman, qui se met à entrer dans la salle de bains à chaque fois que Mia est sous la douche…

 

« Moi qui adorais passer des heures dans la salle de bain, à partir de ce moment-là, cette pièce est devenue mon cauchemar… »

 

Et les mots qui ne sortent pas. Cette boule au ventre, chaque soir, quand vient l’heure de prendre sa douche. Ces petits subterfuges pour esquiver ce moment qu’elle appréhende autant qu’elle redoute… Et toujours, ce sentiment de honte qui la ronge, cette peur, lancinante et ce malaise qui enfle…

 

Une collection de romans pour ados plus que précieuse (Lire aussi Vibrations, Trop tôt, Mauvais fils). Des titres courts, forts et percutants qui interrogent le monde et soulèvent des problématiques aussi difficiles que nécessaires. « Des romans pour réfléchir, comprendre, s’émouvoir, se libérer. » Des textes intelligents qui vont à l’essentiel sans en faire des tonnes, sans jouer exagérément sur la corde sensible, tout en restant à hauteur d’enfant.

 

La porte de la salle de bain ne fait pas exception. La voix de Mia est d’une grande justesse, partagée entre le doute et le sentiment diffus qu’il se passe quelque chose qu’elle devrait dénoncer. Un texte comme une mise en garde, une sonnette d’alarme pour mettre des mots, ériger des barrières et dénoncer des comportements qui n’ont pas lieu d’être. Une réussite !

 

Une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi (ou presque)…

 

Les avis de Enfantipages, Hélène, Leiloona, Liyah, Nadège

 

Le blog de l’auteure

 

 

Premières phrases : « Ça c’est passé le dix-sept octobre, à neuf heures deux, neuf heures trois, par là. Je le sais parce que Maman et Loyd écoutaient la radio dans la voiture et on venait juste d’entendre la trompette qui disait qu’il était neuf heures. Ça m’a fait comme une douleur du côté du cœur, mais pas vraiment là. Juste au-dessus. A l’endroit précis où, un jour, j’aurai les seins qui poussent. C’est ce jour-là, le dix-sept octobre, à neuf heures deux minutes et quelques secondes, que ça a démarré. Le tout début du commencement du départ des seins qui poussent. »

 

Au hasard des pages : « Moi, je n’arrivais toujours pas à sortir les mots qui auraient mis fin à tout ça. J’avais le cœur et la tête prêts à exploser, mais rien ne réussissait à franchir mes lèvres. J’écoutais maman se mettre en colère, j’avais envie de pleurer et la seule chose que j’arrivais à faire, c’était la regarder avec des yeux noirs, lourds de reproche. J’aurais tellement voulu qu’elle comprenne sans que j’aie besoin de raconter ce qui m’arrivait… » (p.47)

 

Éditions Talents Hauts (Octobre 2015)

Collection Ego

95 p.

 

Prix : 7,00 €

ISBN : 978-2-36266-133-4

 

 

pepites_jeunesse

Alvin 2. Le bal des monstres – Renaud Dillies / Régis Hautière

alvin2Un petit radeau de fortune…

 

Un capitaine à l’air déterminé et peu affable…

 

Un être sans sourire qui semble impatient de découvrir cet ailleurs qui l’attend…

 

Un petit bonhomme recroquevillé qui ne sait pas trop où il va mais qui regarde droit devant, décidé, un peu effrayé aussi peut-être…

 

Une valise qui contient les restes d’une vie qui n’est plus et les promesses de celle à venir. Et ce chapeau, là, un peu affaissé, qui en a vu d’autres et continue sa route, égayé par cette fleur un peu folle…

 

Et toujours, l’ombre d’Abélard. Abélard qui continue de hanter son copain Gaston comme il ne peut que hanter le lecteur…

 

Alvin n’est toujours pas Abélard. Ni dans le cœur de Gaston, ni dans le nôtre… Et c’est tant mieux. Alvin, c’est un peu l’étincelle de vie qu’il manquait à Gaston pour entrevoir la fin du tunnel. C’est le poil à gratter qui remet les choses en perspective et recentre sur l’essentiel, l’air de rien. Une chance d’avancer tout en respectant une promesse aussi douloureuse que belle : prendre sous son aile cet oisillon en colère qui préfère ruer dans les brancards plutôt que de continuer de subir les coups du sort… Un rôle qui, décidément, colle à la peau de ce pauvre Gaston… Pour lui, pour sa maman, et peut-être aussi pour Abélard qui veille… Gaston se doit de trouver un foyer à Alvin. Même si pour cela ils devront affronter l’accueil plus que glacial des habitants de Crapeville et se terrer dans le bayou… un bayou qui, avec ses airs de banjo, ressemble d’ailleurs fort au marais d’Abélard…

 

Encore une fois, je me garderai bien d’en dévoiler plus… Mais j’ai aimé cette fin, bien plus ouverte et bien plus optimiste que celle à laquelle je m’attendais. J’ai aimé retrouver Gaston, le voir apprivoiser… se faire apprivoiser doucement… par ce petit bonhomme haut comme trois pommes tout aussi recroquevillé sous sa carapace que lui. J’ai aimé Alvin, sa franchise et sa naïveté, ses colères et ses combats… Le digne héritier d’Abélard, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre…

 

On pourra reprocher tout un tas de choses à Alvin… Un scénario un peu classique, oui, des thématiques et un schéma narratif qui le sont tout autant… Personnellement, je m’en fiche… J’aime la mélancolie et la douceur qui se dégagent de ces planches. J’aime sentir qu’on me raconte une histoire, une belle histoire, j’aime me laisser embarquer, ressentir des émotions fortes, vibrer avec ces personnages qui sont un peu comme une famille de papier…  J’aime cet univers, ce dessin virtuose, cette finesse et cette poésie… Conquise, définitivement…

 

Une lecture que je partage aujourd’hui avec Jérôme, qui m’avait offert le premier tome, et Mo’… qui m’a offert le second… ♥ Ils ont été plus patients que moi et découvrent seulement le petit Alvin… Mon petit doigt me dit qu’ils risquent de chipoter un peu. Pas grave, je les aime quand même… 😉

 

Les avis de Marion, Yaneck

 

♥ Mes avis sur Abélard… et sur le premier tome d’Alvin

alvinp_4Éditions Dargaud (Janvier 2016)

56 p.

 

Prix : 13,99 €

ISBN : 978-2-505-06416-9

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez moi !

 

La BD de la semaine c’est aussi chez…

 

moka  moka  california dreamin  karine

                 Moka                                     Yaneck                                     Enna                          Karine

 

 

jacques   sabine   alvin   alvin2

           Jacques                         Sabine                             Mo’                              Jérôme

 

 

au_revoir_la_haut_01   Couverture vieux fourneaux   nathalie   nath

            Sylire                             Saxaoul                         Nathalie                           Nathalie

 

 

bouffon   lucie   bouffon   apocalypse-selon-magda

            Maël                            Bouma                          Marion                            Hervé

 

 

sandrine  caro

                                   Sandrine                                                  Caro

L’été des pas perdus – Rachel Hausfater

pas-perdus« Mon grand-père qui se perd. Tout un mois passé dans son passé, à tenter de boucher les trous de sa mémoire-passoire, retenir les souvenirs qui lui coulent sur les joues, empêcher les noms de s’envoler, les mots de l’abandonner, toute sa vie de fuir et s’enfuir. A lui rappeler qui il est, à le rappeler à maintenant. »

 

Les souvenirs qui s’étiolent, le passé qui se fait tout doucement la malle, les petits oublis du quotidien, ces noms qui s’effacent, ces moments qui s’effilochent, ces bribes de vie qui restent coincées, là, quelque part, dans sa mémoire endormie… Madeleine voit bien que son grand-père change. Que son regard souvent vacille. Que ça s’emmêle et s’entortille dans sa tête, y compris les visages aimés qui doucement s’éloignent. Que pour lui, souvent, elle prend les traits de sa sœur disparue qui porte son prénom…

 

Et puis papi Gramps a une idée fixe. Retourner en Normandie sur les traces de son enfance… Et puisque dans la famille, tout le monde s’en fiche, Madeleine va faire en sorte de satisfaire ses envies d’ailleurs et de retour aux sources…

 

Un voyage aux confins de la mémoire pour recoller les bouts d’une vie qui part en lambeaux. Un monde en vrac hanté par la disparition inexpliquée de la sœur aimée. Et c’est Madeleine qui prend son grand-père sous son aile. Elle qui lui sert de guide, de béquille et de garde-fou. Elle qui pallie aux défaillances des grands peu enclins à venir en aide à ce grand-père qu’il ont déjà, finalement, un peu oublié…

 

Un joli roman, délicat et presque poétique. Une belle histoire sur les liens qui se tissent, les passerelles entre les générations et ce qu’on laisse à ceux qui restent. Une relation émouvante entre une petite fille et son grand-père dont les rôles se retrouvent inversés. Une évocation simple mais pas simpliste pour autant de la maladie d’Alzheimer… Des thèmes forts, pourtant loin d’être inédits en littérature jeunesse, abordés ici de manière moins percutante que ce à quoi je m’attendais dans cette collection. L’occasion de glisser ce joli texte entre les mains des plus jeunes ados chez qui il trouvera sûrement un écho…

 

Une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi… ou presque

 

 

Les avis de A propos de livres, Canel, Gambadou, Livresse, Maël, Nadège

 

 

Premières phrases : « Il ne se souvient pas. Il ne se souvient de rien. Enfin… c’est pas tout à fait vrai. Il se souvient de loin. D’avant, il se souvient bien. De lui petit enfant, poussant, chenapan, devenu grand, jeune homme fringant, l’amour naissant, le travail prenant, ses trois enfants… Il s’en rappelle souvent, il s’en rappelle tout le temps. Après aussi, ça lui revient, même si c’est plus mêlé, et même tout mélangé : qui est né avant qui de ses petits-enfants, et son fils qu’habite où et sa fille qui vient quand et le petit qu’est-ce qu’il fait ? »

 

Au hasard des pages : « Cela fait des semaines que je chemine à ses côtés, à me balader de maintenant à avant, à lui tenir la main et l’écouter parler. De tout l’été, je ne l’ai pas lâché, je l’ai accompagné partout où il allait, dans tous ses âges, au gré de ses souvenirs, à partager ses joies et consoler ses peines. Je ne pouvais pas l’abandonner tout seul dans son passé ! » (p. 111)

 

 

Éditions Flammarion (Mai 2015)

Collection Tribal

114 p.

 

Prix : 12,00 €

ISBN : 978-2-08-136278-9

 

pepites_jeunesse

Angoulême… c’était bien…!

Festival

 (A la mode de Moka et de son joli Moi après mois…)

 

Des mois à tout planifier… Des mails, des mots, des messages, plein.

Cette idée un peu folle de se (re)voir, de se découvrir, de se (re)connaître enfin…

Partir à l’aveuglette, larguer les amarres, lâcher prise…

Se languir des retrouvailles, des embrassades et des rires…

 

Le parcours du combattant. L’attente « indéterminée ». Les nerfs en pelote.

Kit de survie et fraises tagada. Eux, déjà, derrière l’écran.

Et puis elles, mes girls, là, à bout de bras… ♥

 

Retrouver ma Framboise canaille, serrer fort MoChéwie, enfin…

La folle équipe. L’évidence. Ne plus se lâcher.

Faire la connaissance de la pétillante Julia,

le sourire et la douceur de Bidib… 

Et les (courageux…) gars de la bande. Le talentueux Gaspard. L’irremplaçable Lunch

 

L’auberge espagnole et ses faux airs de coloc’ étudiante.

Le papier peint improbable, les escaliers qui grincent, on entend tout, surtout les rires…

Les valises attendront, pas les mojitos à 2h du mat’…

C’est que demain on se lève…

 

La pluie mais le soleil partout. Jeans versus jupes. Foulards, écharpes, capuches et bonnets.

Le chapeau et les collants sexy de la divine Tamara

Le parapluie rose de la douce Sarah.

Des bières. Des mojitos. Des bières. Des mojitos.

Et des bulles, plein…

 

Cette première fois partagée avec Antoine-chou…

La voix de Jérôme chouchou dans nos oreilles, si loin, si proche.

Ces allées qu’on arpente en pensant à tous ceux qui manquent.

Partir en quête de ces petits riens qui feront naitre leurs sourires…

 

Suivre le guide. Se laisser entraîner. Succomber aux innombrables tentations.

Tentatives de séduction massive. Approches subtiles et embobinages savants.

La débauche blonde. Alain et sa guitare. Les dédicaces sauvages dans les marges des cahiers.

28 ans pour toujours. Et princesses, jusqu’au bout des ongles.

Ces mots qui resteront. Ces jolies confidences. Cette confiance naturelle…

 

Le temps qui file. Se tenir chaud. Les voir partir… mais on ne se quitte pas vraiment.

Se manquer, déjà. Et savoir qu’on reviendra.

Ensemble, c’est tout… ♥

 

 

Et pour les off, les indiscrétions, les brèves sucrées, salées, croustifondantes de Framboise…

filez au Bar à BD 😉

 

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Grododo – Michaël Escoffier / Kris Di Giacomo

grododocou

 

Enfin. César le lapin a enlevé sa tenue de ville et revêtu son pyjama rayé. Dents brossées, verre d’eau posé sur la table de nuit, pantoufles rangées sur le tapis, une place pour chaque chose… et chaque chose à sa place. Une dernière petite vérification sous le lit pour y déloger un monstre indésirable qui aurait pu y élire domicile. Et un câlin, un gros, à son doudou. Il est temps de fermer un œil, puis le second, et de s’endormir sur ses deux oreilles…

 

TAC, TAC, TAC… Qui ose troubler ainsi le sommeil de César…? Un oiseau, fort occupé à clouer des cadres aux arbres, au beau milieu de la nuit. L’artiste se fait vertement réprimander et s’envole au loin, vexé…

 

César peut enfin aller se recoucher. Non sans avoir repris depuis le début son petit rituel bien huilé…

 

« César boit une gorgée d’eau, repose le verre sur sa table de nuit, range ses pantoufles sur son tapis, vérifie qu’il n’y a toujours pas de monstre sous son lit, serre son doudou fort, très fort contre son cœur, ferme un œil, puis le second… puis s’endort sur ses deux oreilles. »

 

Jusqu’à ce que… CROUNCH, CROUNCH, CROUNCH… C’est un sombre complot… Qui ose ENCORE troubler le sommeil de César…?

 

Grododo est l’album du moment, celui que mademoiselle ma fille réclame en boucle quand elle se blottit sous la couette… et je la comprends.

Délicieusement vintage dans ses illustrations qui me font absolument craquer, absolument réjouissant dans ce comique de répétition qui fonctionne si bien, on le lit, on le relit… et on ne s’en lasse pas. Un bonheur de voir ce pauvre lapin de plus en plus fatigué par tous ces réveils intempestifs (parce que oui, il y en aura d’autres !), un bonheur de découvrir un à un ses voisins indélicats cause de tous ces désagréments, un bonheur de le voir s’emmêler les pinceaux dans son si précieux rituel, et un bonheur de voir ma miss se tordre de rire et en redemander encore et encore…! Et que dire de la chute… drôle et inattendue…!

 

Un nouvel album chouchou que je partage avec Moka … et ça aussi, c’est un bonheur… ♥

 

Le blog de Michaël Escoffier

Le blog de Kris Di Giacomo

 

 

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Éditions Frimoüsse (Janvier 2016)

Collection Maxi Boum

 

Prix : 18,00 €

ISBN : 978-2-35241-259-5

 

 

logoalbums2016

Le retour de la Bondrée – Aimée de Jongh

Couverture

 

« Parfois, il faut recommencer à zéro pour survivre. »

 

Il a suffit de quelques planches pour que je sois immédiatement conquise par l’univers et le trait d’Aimée de Jongh, une jeune auteure néerlandaise dont c’est le premier roman graphique… Et quel album…!

 

Difficile de ne pas tomber sous le charme de cette histoire qui allie si bien l’intime et l’onirique, fait ressurgir les drames du passé et ouvre des portes vers une possible résilience… Un album justement récompensé par le prix Saint-Michel de la meilleure bande dessinée néerlandophone et actuellement en cours d’adaptation cinématographique, excusez du peu…

 

Malgré tous ses efforts, Simon n’a pas réussi à sauver sa librairie de la faillite. Mais la vendre, non, il n’arrive pas à s’y résoudre. Malgré les suppliques de sa femme qui cherche à sauver les meubles, malgré la somme conséquente qu’une grande chaîne de magasins leur propose pour racheter leur affaire… Rien à faire, voir un autre nom que celui de son père sur la devanture, c’est au dessus de ses forces. Une promesse est une promesse…

 

Un soir, alors qu’il revient de la vieille grange héritée de son père qui lui sert d’entrepôt, il assiste impuissant au suicide d’une femme au beau milieu de la voie ferrée… Profondément choqué, Simon s’enferme dans son mutisme et replonge bien malgré lui dans ses souvenirs d’enfance. Des souvenirs marqués par la culpabilité et teintés d’amertume. Des souvenirs hantés par l’image de son meilleur ami Raoul… Mais il a Regina, cette lycéenne arrivée dans sa vie comme par magie, peut-être la clé de son retour à la vie…

 

« C’est tellement agréable d’être au milieu des livres. Je sais, ce ne sont que des objets.

Mais plus ces armoires se vident, plus je comprends qu’un nouveau chapitre va s’ouvrir.

Un chapitre plein d’incertitudes. »

 

Beaucoup d’émotions à la lecture de cet album… Beaucoup de questions aussi, qui ne trouveront pas toutes leur réponse mais l’essentiel est ailleurs. Il y est question de silences pesants, de secrets bien trop lourds à porter, d’actes manqués et de rêves enfouis. Des voies qu’on se choisit ou qui s’imposent à nous. Des routes que l’on trace, des concessions que l’on fait parfois malgré soi, des pardons qu’il faut savoir s’accorder pour avancer, enfin…

Simon est un homme infiniment attachant. Un homme arrivé à la croisée des chemins, un homme entré en révolution, en quête de lui-même. A l’image de la bondrée, cet oiseau rare qui ne peut survivre qu’en recommençant sa vie à zéro, Simon se reconstruit.

Mais si l’examen de conscience semble nécessaire, il s’avère pourtant bien délicat. Les drames passés ne sont jamais totalement endormis et peuvent ressurgir à tout moment…

 

Et ce dessin… c’est tout ce que j’aime… On s’attarde sur ces scènes absolument majestueuses, on savoure les silences qui en disent long, on se laisse porter par ce noir et blanc si profond et si nuancé. Troublant, vraiment. Et une expérience de lecture véritablement intense que je ne pouvais que partager avec Jérôme et Mo’ en souvenir de ce festival de bulles où l’un et l’autre, essentiels, ont été présents chacun à leur façon…

 

L’avis de Jacques

 

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Éditions Dargaud (Janvier 2016)

159 p.

 

Prix : 19,99 €

ISBN : 978-2-505-06485-5

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Yaneck

Esmera – Zep / Vince

501 ESMERA[BD].inddÉlevée dans un rigorisme religieux l’empêchant même de fantasmer sur un poster de son acteur préféré, Esmera vit par procuration l’extase des draps froissés et des corps enfiévrés en observant sa compagne de chambre s’adonner sans pudeur aux plaisirs de la chair. C’est aussi là, dans les bras de son amie bien décidée à lui faire connaître cette jouissance qu’aucun homme n’a réussi à lui donner, qu’elle découvre son encombrant pouvoir…

 

A chaque orgasme, Esmera change de sexe… Surprise « de taille »… qu’elle apprivoisera avec le temps, goûtant avec délice le plaisir d’être aussi un homme, grâce à cet autre corps qui est aussi le sien. Esmera devient Marcello, jongle avec ses deux identités et explore ses désirs les plus inavouables…

 

 

« Il est la moitié de moi… Il est moi ! Je suis lui ! »

 

 

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La quatrième de couverture annonce « un vertige pornographique » et la couverture donne le ton… Si j’émets un léger doute sur le coté « vertigineux » de la chose, aucune tromperie sur la marchandise, l’album est effectivement à réserver à un public averti. Pour autant, agréable surprise quand les yeux du lecteur se posent sur les premières planches ouvertement explicites. Malgré les gros plans sans équivoque et la moiteur qui se dégage des nombreuses scènes érotiques et crues, ici le sexe est élégant et classieux. Sensuel, voluptueux, audacieux et profondément intime, le dessin sépia tout en nuance de Vince sublime les corps en sueur et les étreintes sulfureuses…

 

Quant au scénario, il faut avouer que l’idée de départ est plutôt bien trouvée et ouvre un très large champ des possibles… Malheureusement légèrement sous-exploités par Zep qui, pour le coup, aurait pu s’en donner à cœur joie.

Mais il y a une histoire. Pas des plus originales certes. Pas forcément de celles qui marquent durablement non plus. Mais qui se lit sans déplaisir (seul, à deux, sous la couette…), ce qui n’est déjà pas si mal…

 

 

Les avis de Jérôme et Moka

 

 

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Éditions Glénat (Novembre 2015)

80 p.

 

Prix : 24,00 €

ISBN : 978-2-344-01098-3

 

 

Mardi c'est permis

 

Tous chez Stephie !

 Et vous, qu’avez-vous lu d’inavouable ce mois ci…?