Par bonheur, le lait – Neil Gaiman / Boulet

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« Il n’y avait que du jus d’orange dans le frigo. Rien d’autre qu’on puisse verser sur des céréales, à moins que vous n’aimiez verser du ketchup, de la mayonnaise ou du jus de cornichons sur vos CrocMiams, ce qui n’est pas mon cas, ni celui de ma petite sœur, et pourtant, elle a mangé des trucs sacrément bizarres en son temps, des champignons au chocolat par exemple. 

 

« Pas de lait, a commenté ma sœur.

 

– Non », ai-je dit en regardant dans le frigo, derrière la confiture, au cas où.

« Rien du tout. »

 

En l’absence de wonder-maman partie donner une conférence sur les lézards, papa lève les yeux de son journal et décide de prendre les choses en main. Un petit tour à l’épicerie et les enfants auront leurs céréales du matin baignant dans du lait. Bizarrement, la petite course s’éternise et papa ne revient pas, obligeant les enfants résignés à se rabattre sur le jus d’orange. Ils sont loin de s’imaginer que là, dehors, au coin de la rue Marshall et de l’allée Fletcher, leur père est en train de vivre une aventure absolument abracadabrantesque pour tenter de leur ramener leur sacro-sainte bouteille de lait…

 

Un disque argenté qui flotte dans les airs, des extraterrestres verts et gloubonneux voulant acheter la planète pour la redécorer (en installant des flamants roses en plastique à la place des arbres inutiles et en remplaçant les nuages par des bougies parfumées…), des pirates sanguinaires, des piranhas d’eau de mer, un stégosaure se baladant dans un ballon à air chaud, un dieu volcan particulièrement énervé, des poneys à la crinière pailletée, des « wompires » un brin effrayants et affamés, des dinosaures en uniformes traquant les fautes de goût… et, par bonheur, le lait, toujours intact à l’arrivée !

 

Quelle épopée ! Amis de la vraisemblance, passez votre chemin. Les autres (de 7 à 107 ans…!) se régaleront de l’imagination débordante de Neil Gaiman visiblement atteint du syndrome de Peter Pan. Cerise sur le bon gros gâteau au chocolat, les illustrations complètement barrées de Boulet sont jubilatoires. Loufoque, délirant, joyeux et vraiment drôle, ce roman survitaminé est un véritable concentré de bonne humeur ! Pas étonnant qu’il soit déjà en cours d’adaptation cinématographique avec Johnny Deep dans le rôle phare, voilà qui promet !

 

 

Les avis d’Antigone et Faelys

 

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Éditions Au diable Vauvert (Novembre 2015)

130 p.

 

Prix : 12,50 €

ISBN : 978-2-84626-968-1

La lionne, un portrait de Karen Blixen – Anne-Caroline Pandolfo / Terkel Risbjerg

couv-La-lionne-620x838« Qu’est-ce que je peux faire ? Je suis une fille et je suis née ici et maintenant.

Comment devenir quelqu’un ailleurs ? »

 

Magnifique portrait de femme, La lionne raconte les mille et une vies de Karen Blixen, romancière danoise célèbre pour La ferme africaine portée à l’écran dans le cultissime Out of Africa….

 

Incroyable Karen. Moderne, passionnée, incontrôlable, déraisonnable, entêtée. Tellement en avance sur son temps. Tellement libre. Un véritable personnage romanesque, féministe avant l’heure, incapable de supporter le moindre carcan imposé par les hommes ou la société, prête à tout pour échapper à la vie monotone et sans saveur de la haute bourgeoisie danoise à laquelle elle appartient.

 

« J’en peux plus ! J’ai besoin de poésie… d’imagination… de grandeur… de folie ! Je n’en peux plus de vos idées domestiques ! Je n’en peux plus d’être repliée sur moi-même… dans une famille repliée sur elle-même… dans un pays replié sur lui-même !! Donnez-moi de l’air !!! » Comme son aventurier de père parti trop tôt, contre l’avis d’une mère pieuse, rigoriste et enchaînée à ses principes, la baronne Karen von Blixen fera de sa vie un roman…

 

De Karen Blixen, je ne connaissais que la parenthèse africaine. Dix-sept ans d’amour avec un pays, une culture, une langue. Mais si des bonnes fées se penchent sur son berceau et la dotent d’audace, d’imagination, de sagesse, de liberté de penser et de ce don unique pour l’écriture, rien ne lui sera épargné. De son enfance danoise à sa mort à soixante-dix-sept ans, on suit le parcours incroyable de cette femme de tête sur plus de 200 pages.

Très documenté, l’album ne passe aucun épisode sous silence. D’une grande richesse, les auteurs s’attardent sur la personnalité complexe de celle qu’on surnommera à juste titre « la lionne ». Pas d’action trépidante, non, mais un portrait passionnant qui force l’admiration. Une certaine lenteur qui permet de s’attarder avec bonheur sur les aquarelles délicates de Terkel Risbjerg… A découvrir…!

 

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Éditions Sarbacane (Octobre 2015)

200 p.

 

Prix : 24,50 €

ISBN : 978-2-84865-829-2

 

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Jacques

Comme une envie de voir la mer – Anne Loyer

comme une envie de voir la merIl suffit parfois de presque rien pour que tout bascule. Juste quelques mots pour qu’un monde s’écroule, une simple phrase pour balayer d’un revers de main des certitudes qu’on pensait inébranlables…

 

16 ans que Ludivine vit dans le mensonge. 16 ans qu’elle fait la fierté de ses parents. 16 ans qu’elle ne fait pas de vagues et avance tout droit sur le chemin qu’on a choisi pour elle. Pour eux, plus que pour elle, Ludivine a tout réussi.

 

Et puis ce coup de fil. Une déflagration. Un coup de pied dans le parfait château de sable… D’abord l’incompréhension. Puis la colère… Décidée à reprendre en main cette vie qu’on lui a volée, Ludivine redevient Ludie et cherche à renouer avec l’essentiel. Peut-être que Mat pourra l’écouter. Mat et « ses gestes désordonnés, ses mots encore en enfance, ses colères soudaines, ses sourires désarmants, ses yeux innocents, ses questions lancinantes. » Mat, son grand « petit » frère… Peut-être le seul à pouvoir l’aider à tenir debout. Peut-être le seul qui pourra l’aider à réécrire son histoire…

 

C’est l’histoire d’une fuite vers l’avant pour tenter d’apaiser la colère… C’est l’histoire d’une renaissance faite de renoncements et de désillusions. C’est une histoire d’amour. Et de résilience.

Comment se reconstruire sur les ruines d’un passé qui ne nous appartient pas ? Comment pardonner le mensonge quand il prend en otage ? Avec une grande justesse, Anne Loyer prête sa voix à une héroïne qui s’apprête à écrire « une histoire bien différente de celle déjà écrite. Une histoire bien à elle. Son histoire. » Émouvant et percutant.

 

Une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque…

 

L’avis de Pépita

 

Premières phrases : « C’est quand elle s’est fait appeler Ludie que tout a commencé. Ce n’était pas vraiment un prénom, Ludie. Un collage de deux syllabes, tout au plus. Pourtant elle l’aimait, cette sonorité. Elle y tenait. C’est d’ailleurs elle qui l’avait imposée dès qu’elle en avait eu le droit. Non. Ce n’est pas exactement ça. D§s qu’elle avait pris ce droit. A la hussarde. »

 

Au hasard des pages : « Comment pouvaient-ils ignorer ce qui lui arrivait ? Comment pouvaient-ils ne pas se poser la bonne question ? C’était insupportable. Il lui venait l’envie de tout faire péter. De faire voler en éclats cette vie de mensonges, ces sourires trompeurs, ces mots sournois. Elle étouffait sous leurs non-dits. Maintenant c’était fini. Elle savait et elle le montrait. D’accord, elle ne le disait pas, mais ils auraient dû s’en rendre compte : on ne déraille pas sans raison du jour au lendemain. Leur aveuglement lui faisait plus mal encore que leur silence, celui dans lequel ils l’avaient enfermée à son insu pendant seize ans. Une éternité. » (p. 42)

 

Éditions Alice (Mai 2015)

Collection Tertio

109 p.

 

Prix : 11,50 €

ISBN : 978-2-87426-262-3

 

pepites_jeunesse

Paloma et le vaste monde – Véronique Olvadé / Jeanne Detallante

9782330056032

 

« Elles étaient trois sœurs, qui habitaient à Camerone, rue du Capitole.

 

Paloma, la cadette, collectionnait les boules de neige de toutes les capitales, et rêvait de découvrir le vaste monde.

Mais aucun habitant de Camerone ne quittait jamais la ville.

Personne n’en avait même eu l’idée. »

 

Je voulais juste, en ces temps si troubles, si douloureux, vous causer en quelques mots de cet album, superbe de poésie, de rêves, d’aventures,  d’amour,  de tendresse et d’espoir. En somme, tout ce dont on a besoin 😉 .

 

 

C’est l’histoire d’une mère et de ses trois filles : Santa Maria, Paloma et Rubéole, qui vivent « dans un petit appartement de trois pièces« . Et « ça faisait beaucoup de filles à la maison. »

C’est l’histoire de Paloma, celle du milieu, qui a peur de s’enraciner dans cette petite vie et qui rêve d’ailleurs…..

 

Ce conte superbe est porté par la plume remarquable de Véronique Olvadé (on retrouve l’imaginaire de cette auteure que j’aime tant) et les illustrations sublimes de Jeanne Detallante (aux couleurs éclatantes, dessins qui racontent l’exotisme, le monde et le rêve. On trouve également quelques planches en noir et blanc, tendrement nostalgiques).

Un livre délicat et d’une beauté à couper le souffle, qui dit les petits riens du quotidien, l’imagination « encombrante », la famille, les liens, l’amour maternel, les peurs qui enferment les gens, les différences, les envies d’aventures, les rêves et la quête d’émancipation….

 

 

Lu et relu avec ma poulette de 7 ans…. Un régal …

D’ailleurs, pour finir, ses mots  : « Tu sais maman, moi aussi je partirai quand j’aurai 19 ans. Mais ne t’inquiète pas, je penserai toujours à toi. Je t’ai photographié dans mon cœur. Pour toujours. »

Cet album est dédié  à nos enfants qui nous font grandir, malgré la peur, la GRANDE PEUR, celle qui taraude nos cœurs de mères (et dont parle si bien Jeanne Benameur), celle qui empêche, qui nous fait tellement frémir…

Alors oui, aujourd’hui cet album résonne très fort… Parce qu’aujourd’hui j’ai peur pour eux et que malgré tout, il faudra bien les laisser VIVRE et CHOISIR leur chemin…

A nos enfants…

A vous…

 

 

Extrait :

« Puis elle a regardé sa fille dans les yeux, et dans les yeux de Paloma elle a dû voir la même chose que ce qu’il y avait dans ceux de son pilote de mari, il y avait du sable, du nougat et un magicien. Quelque chose qui criait AVENTURE. Et qui, si elle ne pouvait pas partir à l’aventure, s’étiolerait et deviendrait poussière. Et la mère de Paloma s’est demandé si elle avait vraiment  le droit de laisser sa fille devenir poussière. »

 

 

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 (excusez moi pour le rendu des illustrations faites avec mon p’tit appareil photo 😉 )

 

 

Album jeunesse, à partir de 6 ans.

Paloma et le vaste monde de Véronique Olvadé et de Jeanne Petallante, Actes Sud junior, 2015, 20€.

Traquemage (T1) Le serment des pécadous – Wilfrid Lupano / Relom / Degreff

Traquemage_couvDimanche j’ai tenté de reprendre un semblant de vie normale. De mettre mon cerveau sur pause. Dérisoire. Illusoire. Nécessaire pourtant… Il me fallait du léger, une bouffée de bonne humeur pour tenter d’occuper cette petite parcelle de mon cerveau encore un peu encline à la joie de vivre…

 

Alors j’ai lu Traquemage. Pari osé finalement vu mon ressenti à la lecture de Sept nains, conte parodique pas toujours très fin qui m’a laissée plus que circonspecte. Revoilà donc le scénariste touche-à-tout aux commandes d’un nouveau genre piétinant allégrement les codes de l’héroïc fantasy. J’y ai retrouvé sa verve, ses bons mots, son sens du dialogue. J’ai souri. Un peu. Et j’ai terminé ce premier tome en sachant que je ne me précipiterais pas sur la suite à sa sortie…

 

Il y a de l’idée pourtant…  Pistolin, l’anti-héros producteur de fromage, décidé à débarrasser la Terre des mages et de leurs guéguerres stériles. Myrtille, la brebis rescapée, aussi butée que peureuse, affublée d’un pouvoir temporaire un brin encombrant. La fée Pâquerette, aussi gracieuse qu’un éléphanteau, véritable charretière tendance pochtronne, peu habile de la baguette…

 

C’est foutraque, déjanté, fantaisiste, grossier, outrancier, inventif et outrageusement caricatural. A l’image du dessin de Relom d’ailleurs, qui lui, m’a laissée totalement de marbre… Lupano s’est régalé, ça se sent. Moi pas. Ce n’est pas ce Lupano que j’aime… J’aime quand il arrive à me parler d’amour sans un mot, j’aime ses losers magnifiques, j’aime sa façon de pointer du doigt la bêtise crasse des hommes, j’aime son humour et sa tendresse, ses dialogues truculents et vachards… C’est ce Lupano là que j’aime. Et ce Lupano là, je continuerai à le lire…
 

 

Une lecture partagée avec Jérôme et Mo’, et ça, ça fait quand même beaucoup de bien…

 

L’avis de Un amour de BD

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Éditions Delcourt (Septembre 2015)

Collection Terres de légendes

56 p.

 

Prix : 14,95 €

ISBN : 978-2-7560-6464-2

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez moi !

 

 

La BD de la semaine c’est aussi chez…

 

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            Jérôme                            Mo’                          Yaneck                          Hervé

 

 

célestin  vénémeuses  7 nains Jim

          Jacques                          Maël                             Sabine                        Bouma

 

 

Emmett-Till  magasin-général-2  mamette  oliv

          Sandrine                        Karine                         Laurie                              Oli’v

          

Entre eux deux – Catherine Verlaguet

Entre_eux_deux_editions_TheatralesUn hôpital, de nuit. Elle entre dans la chambre « purgatoire » avec fracas, volubile, intarissable. Elle n’est là qu’en transit, elle le sait. Lui aussi d’ailleurs, même s’il ne dit rien… Cette chambre, ils vont devoir la partager, juste pour une nuit, avant d’être transférés ailleurs, dans une maison de repos… C’est court une nuit. Mais ça peut durer une éternité…

 

Elle parle, beaucoup, peut-être trop. Elle a besoin des mots, ils la rassurent, l’aident à tenir debout. Les mots comme des refuges, une bouée de sauvetage… Pour oublier les vides, cette béance comme une blessure, cette colère et cette tristesse qui la rongent…

 

Lui écoute, ou peut-être qu’il fait juste semblant, qui peut le dire, finalement..? Cloué à son lit d’hôpital, il y a longtemps qu’il ne trouve plus les mots pour exprimer son mal-être, longtemps qu’il n’essaye plus, longtemps que ça se bouscule dans sa tête, que ça s’emmêle, que ça s’effrite. Et son corps ne suit plus, ses bras, bien trop lourds, l’attirent sans arrêt vers la chute… qu’il attend en vain.

 

Deux âmes perdues, qui peu à peu sombrent dans la folie. Inadaptées. Deux adolescents cabossés arrivés là comme en dernier recours… Et la rencontre a lieu, magique, tendre, inattendue… Les deux adolescents se racontent et se livrent, enfin, tentent de combattre leurs démons… Ils ont une nuit, une seule, pour se sauver la vie…

 

Catherine Verlaguet excelle dans la peinture des sentiments naissants. Ces deux adolescents qui ont poussé de travers se raccrochent l’un à l’autre pour s’ancrer enfin solidement dans une existence jusqu’alors brinquebalante. Ils s’observent, se cherchent, s’apprivoisent peu à peu, s’aiment… Les secrets  qui les hantent, leur passé tortueux, tout s’apaise. Possible, oui, que l’amour soit le meilleur des remèdes.

Beaucoup de délicatesse et de force dans cette pièce de théâtre au charme hypnotique. Beaucoup de pudeur aussi qui laisse deviner les dessous d’un amour salvateur aussi fulgurant qu’inespéré. Beau et troublant…

 

Une pépite jeunesse atypique partagée avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque…

 

 

Au hasard des pages :

« Lui : Tu crois, toi ?

Elle : Quoi ?

Lui : Qu’on a des coins, en nous ?

Elle : En tous cas, si on en a, je voudrais que tu sois le premier à me les faire découvrir.

Ça m’arrive pas tous les jours, tu sais. La confiance. Ici, on est un peu au purgatoire, c’est vrai… entre deux… c’est comme si on existait pas.

Lui : Et pourtant…

Elle : Je ne me suis jamais sentie aussi vivante !

Lui : J’ai jamais autant existé, que là.

Elle : Alors ?

Pourquoi est-ce qu’à quinze ans ce serait forcément dans le mauvais sens du terme ? » (p. 38)

 

Éditions Théâtrales (Octobre 2015)

Collection Théâtrales jeunesse

57 p.

 

Prix : 8,00 €

ISBN : 978-2-84260-690-9

 

 

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Un drôle de visiteur – Eleonore Thuillier / Clotilde Goubely

un_drole_de_vistieurMais qui est donc cet étrange animal qui vient de débarquer à la ferme…? La poule, le cochon, le chat et la vache en sont persuadés, il n’a en tous cas rien à faire ici. Perplexes, les quatre amis se jettent sur une encyclopédie pour vérifier le terrible doute qui commence à les assaillir… Et si cette étrange petite boule rayée était un animal sauvage…? Le verdict ne se fait pas attendre… Le drôle de visiteur est… UN TIGRE !!!! Une bête féroce capable de les dévorer en quelques coups de dents…!

 

N’écoutant que leur courage… les voilà qui se précipitent en haut d’un arbre (oui, oui, même la vache…!) où ils comptent bien rester jusqu’à disparition complète de la menace. Bien à l’abri sur leur perchoir de fortune, ils incitent l’indésirable à regagner au plus vite ses pénates. La place d’un tigre est dans la jungle, pas dans une ferme ! « Allez ouste, retourne chez toi ! »

 

Le petit tigre aux faux airs du Chat Potté, perplexe, ne comprend pas pourquoi ces quatre drôles d’oiseaux ont si peur de lui alors qu’il n’aime que le parmesan et les biscuits au chocolat… « Nous avons fuit un cirque avec ma maman… Depuis nous vivons dans la ferme voisine. Je ne connais pas la jungle, c’est chez moi ici. Pourquoi avez-vous peur de moi comme ça ? Je ne vais pas vous mordre voyons ! » Allons donc, les animaux ne sont pas dupes de cette ruse abjecte, et celui ci aura beau essayer de les amadouer avec ces pleurnicheries, ils resteront en sécurité dans leur arbre ! Jusqu’à ce que le petit tigre en pleurs appelle sa maman…

 

Le jury du Prix Landerneau Album jeunesse 2015 a vu juste, Un drôle de visiteur est un concentré d’humour, de tendresse et de finesse. L’illustratrice du Loup excelle dans un scénario cocasse beaucoup plus riche qu’il n’y parait en mettant à la portée des plus petits le thème de la différence et des préjugés, si cruellement d’actualité. Simple et sacrément efficace. Quant au coup de crayon de Clothilde Goubely, j’adore ! Les bouilles ultra expressives des animaux tendance « lapins sous acide » sont impayables et pour le coup très originales.

 

Un album coup de cœur à mettre entre toutes les petites mains dès 3 ans !

 

 

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Éditions Frimoüsse (Octobre 2015)

Collection Maxi boum

32 p.

 

Prix : 15,00 €

ISBN : 978-2-35241-252-6

 

 

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Little Tulip – François Boucq / Jérôme Charyn

little-tulip1947. Pavel a sept ans quand ses parents décident de quitter les États-Unis pour s’installer à Moscou. Un choix de carrière pour son père, dessinateur, qui y voit l’opportunité de travailler sur des décors de cinéma auprès d’un cinéaste reconnu. Déporté dans un goulag sibérien en même temps que ses parents convaincus d’espionnage, le jeune garçon ne doit sa survie qu’à son talent pour le dessin hérité de son père. Séparé des siens, ignorant même si ses parents sont encore vivants, il apprend à se couler dans le moule d’un monde ultra codifié et violent où règnent les chefs de gangs. Protégé par Kiril la Baleine, aussi influent que redoutable, Pavel devient son tatoueur officiel et garde chevillé au corps l’espoir de revoir un jours ses parents vivants…

 

1970, New-York. Pavel est devenu un tatoueur reconnu. Pour son talent, mais aussi pour son incroyable capacité à cerner les personnalités. Un don et une intuition que la police de la ville met à profit pour confondre certains criminels grâce à ses portraits robots ultra réalistes. Régulièrement appelé sur des scènes de crime, Pavel n’arrive pourtant pas à tout « voir ». Impossible pour lui de comprendre celui qu’on surnomme « Bad Santa », auteur de plusieurs crimes atroces perpétrés sur des femmes seules ces derniers mois…

 

Chose assez rare, je suis rentrée dans cet album à reculons. Tout ça à cause d’une couverture trop virile à mon goût et du pressentiment d’une histoire à mille lieux de ce que j’ai l’habitude de lire et d’aimer. N’étant pas à une contradiction près, je me suis jetée à l’eau, il est parfois bon de sortir de sa zone de confort… Mais j’étais prévenue. Little Tulip ne fait pas dans la dentelle et rien n’est épargné au lecteur… Plongée horrifique dans l’enfer du goulag, il faut avoir le cœur bien accroché pour supporter certaines scènes parfois dérangeantes voire insoutenables. D’où l’intérêt de cette alternance entre les deux époques, l’époque « actuelle » n’étant pas plus « soft » pour autant…

Les avis sur cet album auréolé par de nombreux prix sont dithyrambiques. Je serai pour ma part plus mitigée… Ferrée dès les premières planches par l’intrigue et le côté ultra charismatique du héros (à qui j’ai trouvé un troublant faux air de Daniel Craig mais là n’est pas le propos), assez fascinée par le dessin de Boucq qui arrive à sublimer l’innommable, j’ai pourtant été surprise par la tournure des évènements. A mon sens, le dénouement pèche par son invraisemblance et ne colle pas du tout avec l’ambiance sombre et brute habilement distillée tout au long de l’album… Trop d’incohérences et une percée assez incompréhensible du fantastique qui me laissent dubitative…

 

Il reste que cet album, d’une rare puissance, s’ancre durablement dans les esprits…

 

 

Les avis de Canel, Charlotte, Cristie, Enna, Jacques, Jérôme, Joëlle, Laure, Maël, Manu, Oliv, Stephie, Val

 

 

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Éditions Le Lombard (Novembre 2014)

Collection Signé

84 p.

 

Prix : 16,45 €

ISBN : 978-2-8036-3417-0

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Yaneck

La femme de papier – Françoise Rey

IMG_3889Plus de 25 ans séparent ces deux éditions de La femme de papier de Françoise Rey. Le tout premier roman estampillé « érotique » de ma bibliothèque que je possède dans sa première édition de 1989… Je crois l’avoir acheté d’occasion chez un bouquiniste, quelques années après sa sortie, sans trop savoir ce que j’allais trouver en lisant ces pages…

Je me souviens d’un choc, d’une rare impression de liberté. Et d’une plume aussi, rageuse, crue, violente et passionnée. Pour l’époque, c’était du jamais vu pour une femme…

 

La femme de papier m’a fait découvrir et aimer un monde dont j’ignorais tout. Par la suite, j’ai continué de lire Françoise Rey, toujours aussi admirative, subjuguée par son audace et sa capacité à parler des fantasmes, des désirs et du plaisir des femmes. Depuis, et après avoir exploré pas mal le genre, je crois n’avoir rien lu de mieux… C’est dire si cette relecture a un goût particulier. C’est dire si j’avais peur de me rendre compte, des années après, que ce texte que j’avais jugé sulfureux avait perdu de sa force… Mais il n’en est rien…

 

La femme de papier est une succession de lettres envoyées par une femme à son amant. Leur relation s’étiole. Ses mots vont redonner un souffle inattendu à leur histoire, ravivant un jeu de séduction qui s’était endormi. Aucune limite, aucun tabou… Souvenirs ? Rêves ? Fantasmes ? Peut-être un mélange de tout ça. On pourrait d’ailleurs se dire que ce roman se borne à un simple catalogue de pratiques sexuelles débridées (certaines vraiment très osées…). Sauf que… Parfois l’amour s’invite…

L’amour. Je pense que la vraie dimension de ce roman m’avait complètement échappée à la première lecture. La femme de papier est un cri d’amour. Et c’est l’auteure qui en parle le mieux… Lisez la postface et l’entretien avec l’auteure. Lisez-les avant de lire le roman… Les propos de Françoise Rey sur sa propre histoire sont très forts. Émouvants. Cette histoire, c’est celle d’un amour fou, d’une passion dévorante, folle et irrationnelle. C’est pour cet homme interdit que l’auteure a inventé les situations les plus audacieuses, pour lui qu’elle a couché sur papier ces déclarations torrides et sulfureuses, pour lui qu’elle a fait tomber les barricades qu’elle avait vainement tenté d’ériger, quitte à en faire trop… Un amour si fort qu’elle a choisi de le préserver en y renonçant… Impossible de lire ce roman comme un simple roman érotique quand on sait tout ça. Impossible quand on sait que ces lettres ne devaient au départ jamais sortir de la sphère privée et être publiées…

 

Un mardi différent pour moi donc… Une relecture, un éclairage nouveau, une maturité, aussi, que je n’avais pas à 20 ans pour appréhender cette dimension intime du roman. Une lecture en tandem avec mon complice de toujours que je remercie de m’avoir accompagnée sur un tel chemin…!

 

 

Éditions La Musardine (Octobre 2015)

Collection Érotiques contemporains

Illustré par Alex Varenne

268 p.

 

Prix : 18,00 €

ISBN : 978-2-84271-800-8

 

 

Mardi c'est permis

 

Tous chez Stephie !

 Et vous, qu’avez-vous lu d’inavouable ce mois ci…?

Sept nains – Wilfrid Lupano / Roberto Ali

7 nainsCe n’est pas le concept de cette série (que je n’ai jamais lue…) qui m’a attirée. Ni le dessin de Roberto Ali, qui, après feuilletage rapide, ne m’emballait pas plus que ça… Soyons honnête, si je me suis précipitée, c’est uniquement parce qu’il y avait le nom de Lupano sur la couverture. Et parce que j’adore les contes détournés…

 

Et là, au moment de parler de cet album, je suis bien embêtée… J’aurais pu détester. Parce que oui, c’est grossier, loin d’être toujours très fin, misogyne, graveleux, malsain… et j’en passe. J’aurais pu adorer, rire à gorge déployée, crier au génie devant une telle liberté de ton. Sauf que je n’ai ni détesté, ni adoré… et que du coup j’en ressors finalement assez déçue…

 

Parce que j’attendais bien mieux de Lupano. Parce que oui, avec un tel sujet, il aurait pu lâcher les chevaux et pondre un album vraiment grandiose… Tout est là pourtant. L’histoire dans ses grandes lignes, les personnages, évidemment revisités (Blanche-Neige, sa marâtre, le chasseur, le roi… et même le miroir magique), tout. Et les sept nains, autour desquels tourne toute cette histoire. Des nains libidineux, crados, très portés sur la chose, reluquant les énormes seins de Blanche à quatre pattes en train de récurer le sol…

 

Honnêtement, certains passages sont assez drôles, certains dialogues aussi, même si Lupano m’avait habituée à plus subtil… Mais à la seconde lecture j’en ressors finalement assez circonspecte. D’autant que le dessin, criard et sans grande subtilité non plus, m’a laissée totalement sur le carreau… Évidemment, le côté « too much » est voulu, évidemment, plus c’est scabreux, plus c’est osé, plus on est dans la parodie et le détournement attendu. Les personnages en prennent tous pour leur grade, et le conte, dynamité, part en vrille comme convenu. Rien à dire, le cahier des charges est respecté : c’est trash et complètement déjanté, tout en tenant la route vu que Lupano est aux manettes est qu’il sait y faire. Disons juste que ce n’est pas le Lupano que je préfère… Question de goût…

 

Une lecture en demi-teinte vu mes attentes mais que je partage avec grand plaisir (c’est une première…!) avec OliV

 

Les avis plus enthousiastes de Jacques, Violette, Yaneck

 

 

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Éditions Delcourt (Septembre 2015)

Collection Conquistador

64 p.

 

Prix : 15,50 €

ISBN : 978-2-7560-5181-9

 

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Jacques

 

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Challenge 5% Rentrée littéraire chez Hérisson !

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