Perle – Anne Bert

Perle.jpg

Pas de lecture romantique pour cette Saint Valentin, non. Il faut croire que j’ai l’esprit de contradiction… J’ai reçu ce roman dans ma boite aux lettres il y a quelques temps déjà, grâce aux bons soins de ma copine Blueverbena qui décidément me connaît bien ! Son billet sur ce livre avait hautement attisé ma curiosité, un roman érotique qui bouscule les codes du genre et qui s’offre le luxe d’être bien écrit, avouez que ça ne court pas les rues ! Après avoir publié des nouvelles érotiques, Anne Bert livre là son premier roman, et mon dieu, cette femme a des cou*lles… Je n’aurais jamais cru cela possible mais ce roman me laisse sans voix. Une lecture à ne pas mettre entre toutes les mains, à planquer même. La couverture n’a certes pas le mauvais goût kitsch d’un Harlequin mais ici on atteint un tout autre niveau littéraire…

 

Perle, c’est le prénom qui lui a été donné à sa naissance. Par qui ? Mystère. Perle est née sous X et traîne cette croix comme un fardeau même si elle a été adoptée par des parents à priori aimants et désireux de bien faire. Un X qui l’exclut et qu’elle vit comme une malédiction, une véritable marque au fer rouge. Pour marquer sa différence, Perle se jette à corps perdu dans tous les excès, seule la lecture, quotidienne, lui permet de s’isoler et de vivre une vie qui n’est pas la sienne.

Très vite, à l’adolescence, Perle découvre son corps avec appétit en piquant les SAS de son père adoptif et en dépensant tout son argent de poche dans l’achat de livres érotiques chez son bouquiniste, « l’enfer littéraire fut mon paradis »… De quoi stimuler les sens et l’imaginaire. L’adolescence, c’est aussi l’âge des premiers garçons, mais pas du premier amour. Perle ne ressent rien pour personne et fuit les garçons ne son âge, seuls les hommes mûrs l’attirent. Mais les parents de Perle ne veulent pas d’une fille dévergondée chez eux, ils la mettent dehors en la traitant de « fille de pute », charmant… C’est là que la réelle vie de débauche de Perle va commencer : clubs libertins, anonymat des « rencontres » à plusieurs, peut-être est-ce là sa vraie famille ? Sous la coupe d’un homme marié pervers et vicelard, Perle va finir par le quitter pour tenter de vivre une autre vie, sa vie, loin de toutes ces orgies. « Toute cette ripaille de chair à point trop goulûment ingurgitée, sans réelle fantaisie, m’avait lassée. Comme une joyeuse bombance de cochonnaille incite à plus de frugalité, mon imagination et mes sens aspiraient à la subtilité. J’avais besoin de grand frais. C’est à cette époque que je m’astreignis à une abstinence qui me mina. » Ni une ni deux, Perle plaque tout et part s’installer dans la région de la Brière, la nature est exaltante mais le répit est de courte durée. Perle s’entiche d’un batelier peu causant, Alanik, un colosse, pas très dégrossi mais imaginatif…

 

Ce roman est très déstabilisant. On s’attend à voir, à lire, à subir tous les clichés du genre, et là, surprise, il n’y en a pas. Pas de comparaisons improbables à la mords-moi-le-noeud, pas de grandes tranches de rigolade devant l’incongruité de certaines situations ou devant l’enchaînement plus que convenu des parties de jambes en l’air, non. Anne Bert est un vrai écrivain et au départ, franchement, ça surprend. Et la surprise n’est pas désagréable même si, whaouu, le tout est très très explicite, très cru. Et très efficace aussi. Il y a du style dans ce roman, incontestablement, une empreinte. Qu’on soit ou non adepte de ce genre de littérature, on ne peut qu’admettre le talent de l’auteure. Merci à toi Blueverbena pour cette découverte qui file le rose aux joues ! Si vous souhaitez faire la connaissance de Perle, n’hésitez pas, la miss se propose de le faire voyager jusqu’à vous, signalez vous en commentaire, je transmettrai !

 

L’avis de Blueverbena

Le blog de l’auteure

 

Premières phrases : « Je m’appelle Perle et je suis née sous X, cette mystérieuse lettre cruciforme qui ne dit que l’innommable. On ne peut être plus concis : X. La langue française ne sait pas dire ni concevoir l’abandon maternel avec un vrai mot. Cette croix d’illettré ne dut pas suffire à ma destinée, on peaufina mon pedigree en me nommant Perle. Sans doute ma génitrice vit-elle en ce nourrisson extrait de sa chair la plus grosse bévue de son existence, ce minuscule corps parasite entré par effraction dans son ventre, cultivé contre son gré, transformé en un joyau trop beau pour elle. Le prénom de Perle s’imposa alors pour nommer ce qu’elle allait abandonner. Mais peut-être est-ce l’administration perverse qui m’affubla de ce saugrenu prénom, allez savoir… Perle née sous X, ça vous expédie la plus sage des enfants dans un monde interlope. »

 

Au hasard des pages : « Tous les poèmes et les romans du monde contiennent les dépouilles du désir et les cadavres de l’amour, les bibliothèques sont leur sépulture. J’emmerde leurs auteurs et les poètes. Des siècles que les histoires d’amour finissent mal et que la littérature s’entête à autopsier leurs reliques, à disséquer leurs attributs, des épilogues à pleurer de banalité, trahisons et lassitudes. Sur toute la gamme. Redites. Chapitre clos. Le désamour à toutes les sauces. » (p. 84)

 

Éditions Hors collection (Novembre 2011)

Collection L’instant érotique

198 p.

 

Une lecture qui s’inscrit (encore!) dans les lectures inavouables de Stéphie, eh oui, on est encore mardi !

 

Mardi c'est permis

 

 

Rentrée littéraire 201111/14

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-perle-anne-bert-98918626.html

15 commentaires sur “Perle – Anne Bert

    • Oui, c’est assez rare pour le souligner ! Et Blueverbena, dans sa grande bonté, propose de le faire voyager encore un peu, je fais le point et je te tiens au courant ! Mon p’tit doigt me dit que ça va te plaire ! ;-)

    • Je suis sûre qu’il pourrait te plaire, tu veux qu’il voyage jusqu’à toi pour un prochain mardi ? Il est court en plus !

  1. Chouette!!! érotique et bien écrit…du rose aux joues!!!  je note, je crois que je vais me le procurer pour un prochain mardi!

    et puis, sinon, à propos des envois ….je n’ai pas oublié, perdu, espéré conservé M. Madone….je voulais juste écrire un petit billet dessus (ou pas) avant de te le retourner…je suis impardonnable!!

    • Tu veux que je te mette sur la liste du livre voyageur de Blueverbena ? Si ça veut dire qu’il y aura d’autres billets de ta part, je vote pour ! ;-)

      Ne t’inquiète pas pour Monsieur Madone, je sais qu’il est entre de bonnes mains ! Alors ? Billet ou pas ? ;-)

    • L’avis que tu as lu sur le site des Agents littéraires est jsutement celui de Blueverbena qui m’a prêté le roman ! ;-) Je note que tu es intéressée pour le recevoir ! ;-)

    • Super ! Bonne lecture, je crois qu’il n’y a qu’une autre lectrice inscrite après toi avant retour chez sa maman, je te dirais tout ça en temps voulu ! Bonne lecture ‘inavouable » ! ;-)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>