Rien que ta peau – Cathy Ytak

rien que ta peau

 

Elle a d’abord entendu sa voix. Puis senti sa présence, là, juste derrière elle… Et enfin croisé son regard… Sans un mot, ils se sont observés de loin avant de cheminer côte à côte, toujours en silence, sur cette route enneigée qui les ramenait au village. Doucement, ils se sont apprivoisés. Lentement, leurs mains se sont rejointes… Avant les corps… Avant la peau…

 

A l’abri dans leur bulle, Ludivine et Mathis s’aiment avec toute la force et l’innocence des premières fois. Les mots sont inutiles, pas dit d’ailleurs qu’il en existe pour exprimer l’intensité et l’urgence de leurs sentiments.

 

« Il faudrait des mots pour nous deux, Mathis, qui ne soient ni vulgaires, ni laids, ni lourds »

 

Personne ne comprend Ludivine, sauf Mathis. Tatouée sous sa peau, les caresses sauvages et tendres de sa « louve ». Gravés dans son cœur, ses murmures et ses soupirs de plaisir… On la dit immature, il la voit sensible et belle. On la trouve lente, voire même un peu idiote, il voit en elle une femme forte et amoureuse… Et si Ludivine ressent souvent les choses sans toujours pouvoir les expliquer, elle ne sait qu’une chose aujourd’hui : personne ne viendra salir leur belle histoire…

 

Cathy Ytak prête sa voix à Ludivine et le temps s’arrête… La naissance des premiers émois amoureux, la rage du désir, l’urgence des peaux qui se cherchent, tout est là. Troublant et profondément intimiste, le monologue de cette adolescente en plein vertige fait battre et chavirer le cœur. Pas un mot de trop. La quintessence de l’amour, le pur, le vrai… Une justesse qui force l’admiration et une véritable empathie pour des personnages que l’on aimerait ne pas quitter.

 

Simplement beau… Un texte lumineux qui se ressent plus qu’il ne s’explique. A lire dans un souffle. Une pépite évidente pour ce dernier rendez-vous de l’année partagé avec Jérôme…  

 

L’avis de Moka

Le blog de l’auteure

 

D’autres titres de Cathy Ytak sur le blog : Pas couchéLa seule façon de te parler

 

 

Premières phrases : « Tais-toi, écoute, il y a des gens qui marchent sur la berge. Ils ont des chiens. Tu as parlé à quelqu’un ? Non, à personne. Ils ne pourront pas nous trouver, nous sommes trop loin du bord. Moi, je n’entends que ton cœur qui résonne dans ma cage thoracique, que le frôlement de mes mains sur tes paupières, que les gouttes de sueur sur ton ventre et le mien, et sur ton front aussi. »

 

Au hasard des pages : « Alors, nous allons trouver un endroit, un endroit pour nous deux, où personne ne viendra nous déranger, où il n’y aura ni chien ni humain, rien que nous deux, et notre amour, et ton corps et le mien et mes mains, et plus de mots… Rien que ta peau, rien que la mienne. » (p. 55)

 

Éditions Actes Sud junior (Février 2014)

Collection D’une seule voix

71 p.

 

Prix : 9,00 €

ISBN : 978-2-330-02764-3

 

 

pepites_jeunesse

 

Retour sur les pépites de l’année 2015…

 

La règle d’or de I. Minière

Les bébés ont un goût salé de D. Sampiero

Highline de C. Erlih

Eben ou les yeux de la nuit de E. Fontenaille

Cheval océan de S. Servant

Je suis le fruit de leur amour de C. Moundlic

Le baiser du mammouth d’A. Dole

Un beau jour de F. David

Max et les poissons de S. Adriansen

La coloc de J.Ph Blondel

Le pull de S. Kao

Géant de J. Hoestlandt

A ma source gardée de M. Roth

Trop tôt de J. Witek

Le journal de Gurty de B. Santini

La pyramide des besoins humains de C. Solé

Pas de problème de S. Morgenstern / Trop fort Victor de M. Ollivier

Comment je me suis débarrassé de ma mère de G. Abier

Cher cousin caché de D. Brisson

Ronde comme la lune de M. Disdero

Pensée assise de M. Robin

La seule façon de te parler de C. Yatk

146298 de R. Corenblit

Ma mère, le crabe et moi d’A. Percin

Mauvais fils de R. Frier

Entre eux deux de C. Verlaguet

Comme une envie de voir la mer d’A. Loyer

La peur au placard de P. Leblan

Le bébé et le hérisson de Mathis

10 commentaires sur “Rien que ta peau – Cathy Ytak

  1. Ah sympa, votre angle d’attaque est différent et j’ai l’impression de ne pas voir le même livre … tu as davantage mis en avant le sentiment fort tandis que Jérôme a pointé le handicap … tentant. Merci, les loulous.

  2. J’aime moins les extraits que tu cites (ce n’est pas de ta faute, mais le phrasé qui ne me parle pas du tout) que ton avis que je trouve très juste et encourageant à la lecture. Bises (je vais maintenant chez Moka). bises

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